Texte du rapport de l’Organisation de la Transparence Intégrale sur l’incendie des centrales électriques.
En août 2026, la capitale Nouakchott a connu, durant la seconde moitié du mois, une crise électrique aiguë et sans précédent, suite à l’incendie de deux stations de transformation en deux jours consécutifs, sur un total de six stations principales desservant la capitale, entraînant une paralysie importante…

Selon les dernières informations, ce mémoire contient des informations sur la répartition des rôles entre deux sociétés pour la réalisation du projet de la station solaire, chacune selon sa spécialité, durant le stage du 22 janvier 2024 au 13 mai 2024 à la SNIM, dans le cadre du même marché (DME n° 002/2022). Le mémoire indique que les deux sociétés sont distinctes en termes de missions et de spécialités: l’une, spécialisée dans les énergies renouvelables, se nomme **GBL Energy**, tandis que l’autre, spécialisée dans les services de construction divers, se nomme **CTM Bâtiment**. Le texte du mémoire précise: > « Pour ce projet, la SNIM a lancé une demande à CTM Bâtiment pour les travaux de construction, et à BGL pour l’installation technique.
» Cette version contredit la narration de l’entreprise selon laquelle elle serait le principal exécutant des travaux électriques du projet. Ainsi, CTM Bâtiment apparaît dépourvu d’expérience pertinente pour le troisième critère. --- ### Axe 2: Sur la transparence du comité des marchés dans les attributions liées à CTM #### 1.
Soupçons de négligence technique envers l’entreprise Ces soupçons se manifestent par deux comportements: 1. **Ignorer les risques techniques**: Au vu des constats du premier axe concernant le manque d’expertise technique de CTM Bâtiment, il apparaît que l’entreprise ne satisfait pas les critères majeurs, notamment le troisième critère (deux projets similaires) et le deuxième critère. Même en supposant qu’elle soit le principal exécutant des travaux électriques du projet SNIM mentionné, son inéligibilité aurait dû être reconnue, pourtant le marché a été attribué.
2. **Approfondir l’ignorance des risques**: L’article 4 de l’appel d’offres exige la présentation de certificats de bonne exécution délivrés par le maître d’ouvrage du projet antérieur afin de prouver l’expérience, ici la SNIM (marché DME n° 002/2022). Le rapport des étudiants montre que la société étrangère GBL Energy était responsable de l’aspect technique, tandis que CTM Bâtiment ne s’occupait que des travaux de construction.
Cette contradiction avec la version de CTM Bâtiment, qui se présente comme le principal exécutant des travaux électriques, a été confirmée par une source d’ingénierie interne à la SNIM. Ces éléments soulèvent des doutes objectifs quant à l’absence de responsabilité lors de l’évaluation technique, alors qu’il s’agissait d’attribuer un marché très complexe à Nouakchott sans une vérification complète de ces données critiques. *Note*: L’organisation a tenté d’obtenir le certificat que la SNIM aurait supposément fourni à CTM Bâtiment concernant son expertise technique, afin de clarifier les responsabilités, mais le délai n’a pas permis de le faire.
#### 2. Soupçons de biais financier en faveur de l’entreprise Le même jour, le **01 août 2025**, la commission des marchés a attribué à CTM Bâtiment, en plus du marché de Nouakchott, un autre marché de pose de câble 33 kV pour alimenter la station d’eau d’Eidini, d’une valeur de **819 millions d’ouguiya**. L’attribution provisoire du projet a été consignée dans le procès‑verbal n° N01‑CMI‑2025.
Ce qui est notable, c’est que l’offre de CTM Bâtiment n’était pas la moins chère; quatre offres financières inférieures ont été présentées, provenant d’entreprises disposant d’une solide expérience technique dans les projets électriques, dont l’une possède 18 ans d’expérience. Ainsi, l’attribution du marché à CTM Bâtiment, malgré quatre offres moins chères et des concurrents plus expérimentés, et le fait que les recours ont conduit à l’annulation du marché provisoire pour inéligibilité, renforcent l’hypothèse d’un biais de la commission des marchés en faveur de l’entreprise. Ce constat prend encore plus d’importance à la lumière des faits suivants: les délais très courts avancés par l’entreprise (quatre mois) semblent n’être qu’une manœuvre sans conséquences, ce qui alimente la théorie d’une collusion entre SOMELEC et l’entreprise, ou d’une influence forte exercée par le député propriétaire de la société.
En dépit du non‑respect des délais d’exécution – le projet de Nouakchott a duré 20 mois, soit cinq fois la durée prévue, et n’est toujours pas achevé – aucune sanction financière ou administrative n’a été appliquée à CTM Bâtiment. Au contraire, la Société Nationale d’Électricité lui a accordé trois marchés supplémentaires, dans le cadre d’un consortium, à savoir: - **Projet de création de deux postes électriques à Nouakchott** à moyenne tension 33/15 kV et réhabilitation de six postes existants, pour **11 millions de dollars**; - **Lot (2) du projet d’électrification agricole** dans le Hodh El Gharbi, pour **1 milliard d’ouguiya**; - **Lot (3) du même projet** dans le Hodh El Gharbi, pour **900 millions d’ouguiya**. --- ### Axe 3: Circonstances et indicateurs précédant l’incendie des deux postes Les investigations sur les circonstances précédant l’incendie ont permis de recueillir plusieurs témoignages et données techniques, résumés en quatre indicateurs: 1.
**Sources techniques internes**: Des techniciens de l’entreprise ont indiqué que l’incendie s’est produit après l’installation et le raccordement des nouveaux câbles, travaux réalisés par CTM Bâtiment. Les câbles auraient été isolés préventivement du reste des postes, mais ils seraient non conformes et le raccordement n’aurait pas été supervisé par une équipe d’ingénieurs spécialisés, mais coordonné par un jeune proche du député lié au marché. 2.
**Avis d’un ingénieur**: Un ingénieur a jugé que le problème des câbles était l’élément le plus susceptible d’être à l’origine de l’accident, compte tenu du changement majeur apporté aux postes avant l’incident. Il a évoqué la possibilité d’une non‑conformité aux spécifications ou d’erreurs techniques lors de l’installation et du raccordement. 3.
**Déclaration d’un responsable de l’entreprise**: Après examen des enregistrements vidéo pris avant l’incident, le responsable a estimé que les premiers coffrets d’où s’est dégagé de la fumée étaient ceux récemment raccordés aux nouveaux câbles de CTM Bâtiment. Il a considéré ces enregistrements comme infirmant l’hypothèse de sabotages diffusées après l’incident. Il a également exclu l’hypothèse selon laquelle la charge supplémentaire liée au raccordement de la ligne d’Eidini à la station du Nord aurait pu provoquer l’incendie, le premier poste ayant brûlé en premier.
Le feu du deuxième poste, survenu plus tard et non relié à cette ligne, a éliminé cette hypothèse et a limité les soupçons aux travaux exécutés par CTM Bâtiment. 4. **Déclaration du ministre de l’Énergie**: Au téléviseur officiel, le ministre a affirmé que les postes concernés avaient été construits par des sociétés spécialisées et très compétentes, avec une durée de vie pouvant dépasser cinquante ans.
Il a précisé qu’aucun transformateur ou disjoncteur n’avait été installé récemment, et que le principal changement était le raccordement des nouveaux câbles dans le cadre du programme d’urgence. Ces indicateurs, pris ensemble, renforcent la conclusion selon laquelle l’entreprise exécutant les travaux ne disposait pas des compétences techniques requises, comme indiqué aux premiers axes. --- ## Conclusion et diffusion Sur la base de ces constats, nous avons décidé de publier ce rapport à l’attention du public et de le transmettre à: - **Le Premier ministre**, M.
El Moctar Ould Diay; - **Le président de la commission d’enquête**, M. Othmane Mamoudou Kane. ### Recommandations de l’organisation à la commission d’enquête 1.
**Obtenir et analyser les enregistrements des caméras de surveillance** des postes ayant subi l’incendie. 2. **Examiner les câbles** au niveau de leur isolation, des métaux employés et vérifier les compétences du personnel chargé de leur installation.
3. **Interroger la SNIM** sur le rôle effectif de CTM Bâtiment dans le projet solaire précédemment mentionné. --- ### Liste des documents annexes 1.
Document n° 1: Article 7 de la loi n° 038‑2013 du 17 septembre 2013 relative aux cas de conflit d’intérêts parlementaires. 2. Document n° 2: Conditions figurant à la page 3 de l’appel d’offres pour les travaux de renforcement, de réhabilitation et de sécurisation des réseaux de distribution moyenne tension haute (HTA) à Nouakchott.
3. Document n° 3: Capture du site internet de CTM Bâtiment présentant ses expériences et projets. 4.
Document n° 4: Page du mémoire de fin d’études sur la station solaire SNIM de 12 MW, indiquant que CTM Bâtiment a réalisé les travaux de construction, tandis que BGL a assuré les installations techniques. 5. Document n° 5: Procès‑verbal d’ouverture des offres pour le projet de pose de câble 33 kV afin d’alimenter la station d’eau d’Eidini, montrant les entreprises participantes et les montants proposés, dont quatre offres inférieures à celle de CTM Bâtiment.
6. Document n° 6: Document d’attribution provisoire du projet de pose de câble 33 kV à CTM Bâtiment, d’une valeur de 819 millions d’ouguiya, sous le procès‑verbal n° 01‑CMI‑2025. 7.
Document n° 7: Avis d’attribution définitive du marché n° DAO 06/CMI/2025, relatif au projet de création de deux postes électriques à Nouakchott à 33/15 kV et à la réhabilitation de six postes existants. 8. Document n° 8: Avis d’attribution définitive des lots 2 et 3 du marché n° DAO 09/CMI/2025, relatifs au programme d’électrification rurale dans les wilayas du Hodh Ech Chargui et du Hodh El Gharbi.