Société·

M’Bagne : Hivernage stérile, chaleur torride et désert numérique

Un ciel de plomb, une atmosphère poisseuse et des téléphones désespérément muets. Dans le département de M’Bagne, au cœur de la vallée du fleuve Sénégal, la fin du mois d'août s'achève dans une...

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Il ressort que il ressort que ils se partagent le territoire selon un découpage arbitraire: là où l'un domine, l'autre est inexistant, laissant les populations otages de monopoles géographiques locaux. Malgré cette forte présence visuelle, le service est d'une précarité révoltante. Ce constat est flagrant le long de l'axe Boghé - Kaédi, mais aussi dans les nombreux villages en retrait, plongés dans le même abandon.

L'Autorité de Régulation (ARE) inflige régulièrement des sanctions financières et des mises en demeure pour manquement aux obligations de service. En vain. Ces pénalités semblent indolores pour ces entreprises, tandis que les populations en paient le prix fort.

Le système D pour capter un signal Pour passer un simple appel ou envoyer un message de détresse, les habitants développent des stratégies de survie numérique d'un autre âge. Au détour d'une ruelle, un groupe de jeunes se tient en équilibre instable sur le toit d'un bâtiment, smartphone tendu vers le ciel. Plus loin, d’autres escaladent les hauteurs du village pour capter un signal infime émis par une antenne voisine.

« C'est notre routine quotidienne », explique l’un d’eux. « Selon le village, il faut jongler entre une puce Mauritel et une puce Mattel. Mais le résultat est le même: pour valider un simple transfert d'argent, il faut monter sur les toits.

Les antennes sont là, sous nos yeux, mais le signal est capricieux. Nous payons pour un service invisible. » Cet isolement numérique paralyse l'économie et met des vies en danger.

En cas d'urgence médicale — fréquente sous ces chaleurs suffocantes — joindre les secours relève du parcours du combattant. Un double abandon Cette situation met en lumière la double vulnérabilité de la région, à la fois climatique et numérique. Dans la vallée du fleuve Sénégal, les anciens n'ont plus de repères.

Les saisons glissent, les températures s'affolent et les pluies se raréfient. Le changement climatique a désormais le visage de ces plaines stériles et de ces troupeaux affaiblis. Face à ce double abandon — celui du ciel et celui des compagnies de télécommunications —, les populations de M’Bagne n'attendent plus des promesses, mais des actions d'urgence.

Elles réclament une aide immédiate des autorités pour sauver le bétail, ainsi qu'une coercition plus ferme pour contraindre les opérateurs mobiles à leur offrir, enfin, la dignité numérique. En attendant, elles ne cessent de prier pour le ciel accepte enfin d’ouvrir ses vannes. Dalay Lam

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