Ould Maouloud : la campagne de la troisième mission menace le dialogue et la Mauritanie fait face à une crise multidimensionnelle.
L’Actualité (Nouakchott) – Le président du parti Union des Forces du Progrès, Mohamed Ould Maouloud, a déclaré que la troisième campagne de la mission « frappe au cœur du système constitutionnel » dissipe la confiance nécessaire à la réussite du dialogue national, appelant à son arrêt et à la mise en place des conditions…

Selon lui, le dialogue national représente « une dernière chance de redresser la situation », confirmant que le pays a besoin d’une « véritable unité nationale » sur les grandes questions, ou d’un accord sur le minimum salvateur si le changement radical s’avérait impossible. Mohamed Ould Maouloud a conditionné le succès du dialogue au démarrage sous « le calme politique et le respect des libertés », critiquant ce qu’il a qualifié de restriction des libertés ainsi que les poursuites judiciaires, les tensions et le manque de confiance. Il a souligné qu’« on ne peut pas inviter l’opposition au dialogue tout en enfermant les opposants, ni transformer les déclarations politiques en crimes dès qu’elles dérangent le pouvoir ».
Il a critiqué ce qu’il a appelé « un excès d’interprétation » dans certaines affaires, s’interrogeant sur le risque que des déclarations spontanées constituent une menace pour le système constitutionnel, et a dénoncé le recours à la détention préventive dans l’affaire du général Labbat Ould Mayouf, estimant que cette mesure de précaution pouvait devenir « un outil de punition avant l’enquête et le jugement ». Il a également évoqué les cas des lanceurs d’alerte sur les dysfonctionnements, déclarant que certains sont emprisonnés et considérés comme accusés avant même que la véracité de leurs témoignages et leurs bonnes intentions ne soient confirmées. Mohamed Ould Maouloud a affirmé que le citoyen mauritanien souffre de la baisse du pouvoir d’achat et des services de base en santé, éducation, eau et électricité, ainsi que de la montée des risques de drogue et de criminalité, notamment les infractions commises par les mineurs, tandis que l’administration est minée par la corruption, le népotisme, le clientélisme et la mauvaise gestion.
Il a conclu que ces crises « ne sont pas des crises séparées, mais les symptômes d’une seule crise; une crise de la manière dont l’État est gouverné », estimant que la succession des autorités et les promesses n’ont pas permis de traiter les racines de la crise.