Réseaux électriques informels à Nouakchott : des « bombes à retardement » menacent des vies, épuisent les budgets et défient la loi.
Les réseaux d’alimentation électrique illégaux dans les quartiers de la capitale Nouakchott se transforment en véritables « bombes à retardement » : leurs risques dépassent le volet service pour constituer une menace directe pour la vie des citoyens et un saignement financier annuel qui alourdit…

Selon les dernières informations, les réseaux d’alimentations électriques illégaux dans les quartiers de la capitale Nouakchott se transforment en véritables « bombes à retardement »; leurs risques dépassent le simple aspect de service pour constituer une menace directe pour la vie des citoyens et un drainage financier annuel qui alourdit le système électrique national. Ce phénomène se développe particulièrement dans les quartiers périphériques et fragiles, où les habitants paient chaque mois entre 200 et 600 ouguiyas aux intermédiaires. Malgré ce coût, ces réseaux restent une option de survie pour de nombreux habitants, du fait de la complexité des procédures d’abonnement officiel, du coût élevé des branchements initiaux qui dépasse les capacités financières des ménages modestes, ainsi que de la lenteur de l’extension du réseau officiel aux zones informelles et nouvelles.
**Saison des pluies… accidents récurrents et perte financière** Le plus grand danger réside dans l’absence de mesures de sécurité: les fils découverts s’étendent au‑dessus du sol ou sous de légères couches de sable. Lors des pluies, le terrain humide devient un conducteur instantané d’électricité, entraînant chaque année des dizaines d’électrocutions qui coûtent la vie à des enfants, à des passants et à des animaux. Outre les pertes humaines, les estimations indiquent que le gaspillage non commercial dû au détournement et aux branchements clandestins coûte à la Société Nationale d’Électricité « la Somelec » plusieurs milliards de ouguiyas chaque année, en plus de provoquer des coupures fréquentes et de détériorer la qualité du service pour les abonnés réguliers, qui paient indirectement ce dysfonctionnement.
**Responsabilité juridique et appel urgent à l’action** Sur le plan juridique, le branchement clandestin et l’intrusion sur le réseau électrique constituent une infraction passible de sanctions pénales et d’amendes prévues par le droit mauritanien, qui punissent quiconque met en danger la vie des passants ou s’approprie l’énergie de façon illicite. Cependant, l’application de ces textes nécessite à la fois une dissuasion sur le terrain et des solutions structurelles concrètes. Face à cette situation humaine et économique critique, les citoyens lancent un appel à: - **La Société Nationale d’Électricité « la Somelec »**: simplifier les procédures d’abonnement, réduire les coûts de branchement pour les familles vulnérables et accélérer les extensions de réseau sur le terrain afin de diminuer les branchements illégaux.
- **Les autorités administratives et sécuritaires des trois wilayas de Nouakchott**: coordonner l’application des lois dissuasives contre les opérateurs de distribution illégale et retirer immédiatement les fils découverts pour protéger les vies avant que les accidents ne s’aggravent avec la saison des pluies. Protéger la vie des habitants et sécuriser le réseau énergétique national exigent une approche globale alliant sensibilisation, amélioration de l’accès au service et application stricte de la législation.