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Profit, fragilité et craintes… L’état de la presse aux yeux de la Rabita des journalistes.

Les actualités (Nouakchott) – Entre les avantages de la titularisation, la précarité du cadre professionnel et les craintes de restriction de la liberté d’expression et d’accès à l’information, les traits du paysage journalistique mauritanien se dessinent pour 2025‑2026, selon le rapport de l’Association des journalistes.

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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Il ressort que **Les Nouvelles (Nouakchott)** – Entre les gains de la titularisation, la fragilité des conditions professionnelles, les craintes de restriction de la liberté d’expression et d’accès à l’information, le paysage journalistique mauritanien se dessine pour 2025‑2026, selon le rapport de l’Association des journalistes mauritaniens sur l’état de la presse et de la liberté d’expression dans le pays. L’association a reconnu « des gains importants réalisés pour le secteur », mais a également relevé une série de défis qui continuent de marquer la réalité de la profession: précarité des journalistes, faible représentation des femmes, difficultés d’accès à l’information et inquiétudes liées à certaines législations et à leur impact sur la liberté d’expression et l’indépendance du travail journalistique. Alors que l’association souligne « le chemin de l’ouverture médiatique et les avancées réalisées ces dernières années », son rapport pointe des dysfonctionnements qui, selon elle, freinent l’achèvement de ce processus et propose une série de recommandations pour les corriger.

### « Gain et souffrance » L’association a constaté que le secteur médiatique a connu « la continuité du processus d’ouverture médiatique que le pays a connu ces dernières années, parallèlement à l’émergence de défis professionnels, législatifs et économiques qui continuent d’affecter la réalité de la presse et de la liberté d’expression ». Elle estime que la décision de titulariser 1 860 personnes travaillant dans les médias publics constitue « l’une des plus grandes réalisations pour les journalistes et les agents des médias publics depuis leur création », en mettant fin à une situation exceptionnelle durant laquelle de longues périodes s’étaient déroulées sans contrats de travail officiels ni droits professionnels et sociaux complets. Malgré cela, l’association insiste sur la persistance de la souffrance des journalistes dans les établissements privés, le débat continu autour de certaines dispositions légales qui restreignent la liberté d’expression, ainsi que la persistance du problème d’accès à l’information et de la faible représentation des femmes, qu’elle considère comme parmi les plus grands défis pour réformer le secteur.

L’association a indiqué que le climat de liberté d’expression a connu des défis, notamment le rétrécissement de l’espace pour certains journalistes et blogueurs, ainsi que des difficultés à obtenir des informations officielles ou des réponses des institutions publiques concernant des dossiers d’intérêt public. Elle a également relayé la plainte de journalistes dénonçant « la persistance de formes de pression indirecte liées aux publicités publiques ou à l’influence politique et économique, qui se répercute parfois sur l’indépendance éditoriale de certains organes médiatiques ». ### « Inquiétudes généralisées » Pour l’association, la loi sur les symboles constitue une source d’inquiétude quant à la liberté d’expression, car elle continue, à son avis, « de susciter de larges craintes au sein du milieu journalistique et des organisations de défense des droits », certains estimant que ses dispositions sont formulées de façon vague et susceptibles d’interprétations limitant la liberté d’expression et le débat public.

L’association craint que le maintien de ces textes ne renforce l’autocensure au sein des médias et ne réduise la capacité des journalistes à exercer leur rôle de contrôle vis‑à‑vis des autorités publiques. ### Fragilité… et autres charges L’association a souligné que les conditions professionnelles et sociales des journalistes restent une faiblesse du secteur, certains travaillant sans contrat légal, « exposés à l’absence de couverture santé, de sécurité sociale et d’assurance contre les accidents du travail ». Elle a également constaté que les salaires dans la plupart des établissements privés sont bas par rapport aux exigences du métier et au coût de la vie, et que la régularité des paiements constitue un défi permanent pour de nombreux travailleurs, créant une fragilité qui affecte l’indépendance.

Par ailleurs, l’association a noté l’absence de conventions collectives spécifiques au secteur médiatique et le manque de contrôle sur l’application du droit du travail, ce qui « complique davantage la situation des journalistes dans les établissements privés ». Elle a exprimé son mécontentement face au faible nombre de femmes occupant des postes de direction générale, de rédaction ou de responsabilités de leadership dans les médias publics et privés, soulignant que « leur représentation reste faible comparée à celle des hommes ». Elle estime que la présence des femmes dans les salles de rédaction et les postes décisionnels éditoriaux ne reflète pas leur contribution réelle au travail médiatique, et propose la mise en place de mesures favorisant l’égalité des chances, l’accès des journalistes femmes à des postes de direction, ainsi que des programmes de formation et de qualification continue.

### Accès à l’information L’association a rappelé que l’absence d’une loi spécifique sur l’accès à l’information constitue l’un des principaux obstacles à la presse professionnelle, aucune procédure légale claire et contraignante n’oblige les administrations à répondre aux demandes des journalistes concernant les informations et documents publics. Cette situation, ajoute-t-elle, engendre des difficultés récurrentes lors de la préparation d’enquêtes et de rapports d’intérêt public, limitant la capacité des médias à exercer leur rôle de contrôle, à promouvoir la transparence et la responsabilité. Elle a donc exigé l’adoption d’une loi « moderne » sur l’accès à l’information garantissant le droit des journalistes et des citoyens à obtenir les données et documents publics selon des critères clairs, des délais raisonnables et des modalités définies.

### Défis et recommandations L’association a confirmé que les institutions font face à des défis « croissants » en raison de la faiblesse du marché publicitaire, de la hausse des coûts d’exploitation, de la concurrence des plateformes numériques et des réseaux sociaux, de la rareté des ressources et du manque d’investissements dans la formation, les équipements et les technologies modernes. Selon le rapport, la situation appelle à une réflexion sur des politiques publiques visant à soutenir la viabilité des médias privés et à renforcer leur indépendance économique, loin de toute dépendance politique ou commerciale, tout en poursuivant les réformes du secteur public et en améliorant les conditions des travailleurs. L’association a recommandé de poursuivre le traitement des dossiers sociaux et professionnels des journalistes et des agents du secteur, de réviser la loi sur les symboles afin qu’elle soit conforme aux garanties constitutionnelles de liberté d’expression, et d’adopter une loi d’accès à l’information contraignante pour les administrations publiques.

Elle a également appelé à obliger les médias privés à respecter le droit du travail et à signer des contrats avec les journalistes, à renforcer la protection sociale et l’assurance santé, et à mettre en place des programmes nationaux permettant aux femmes d’accéder à des postes de direction dans les établissements. Enfin, l’association a proposé de soutenir la formation professionnelle continue, de renforcer l’éthique journalistique et le journalisme d’enquête, et de développer des mécanismes transparents et indépendants afin de soutenir les médias et d’assurer leur viabilité économique.

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