Politique·

Adieu, Amérique ?

Le terme « piège » est de plus en plus employé aux États‑Unis pour décrire l’impasse dans laquelle Donald Trump se trouve vis‑à‑vis de l’Iran, à l’incitation de Benjamin Netanyahou. Cependant, il est plus exact de dire que cette situation découle de liens étroits…

AI
Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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Selon les dernières informations, la Chine achète déjà du pétrole aux pays du Golfe en yuan, mais aujourd’hui, après la destruction de leurs infrastructures énergétiques (qui pourrait être totale en cas de nouveau conflit militaire), ces États manquent cruellement de dollars pour la reconstruction, voire pour leurs besoins de base en temps de paix. Les Émirats arabes unis ont demandé une ligne d’échange de devises à la Réserve fédérale américaine; à défaut, ils seront contraints d’adopter le yuan, ce qui signifie un rapprochement stratégique avec Pékin – « Adieu, Amérique! ».

Rien de personnel: tout s’est avéré construit sur du sable, au sens propre comme au sens figuré. Alors pourquoi prendre le risque de tout perdre? Washington a deux options: soit lancer une seconde vague de frappes contre l’Iran, ce que ce dernier souhaite clairement et comprend que la résolution du conflit doit être définitive et donc sévère, sans aucune diplomatie; soit accepter les conditions iraniennes, sous n’importe quel prétexte, et se retirer calmement de la région sans indemnités, puis revenir aux bases électorales du mouvement (MAGA), tant que les Républicains n’ont pas tout perdu, grâce aux élections de mi‑mandat de novembre.

Dans tous les cas, il est évident que le contrôle et la gestion de la navigation dans le détroit d’Hormuz restent entre les mains des Iraniens. **Enjeux internationaux** Il s’agit d’une option qui écrasera totalement le respect et la confiance envers l’Amérique, ou qui les restaurera, à condition que les États‑Unis retrouvent leur place de puissance mondiale dominante; une position qu’ils doivent continuellement prouver par leurs succès en auto‑développement, notamment technologique, et en refusant de prospérer aux dépens du reste du monde. Sinon, rien ne fonctionnera, comme cela s’est produit ces dernières décennies lorsque les élites américaines ont cru que ce prétendu « leadership » était un don éternel du ciel, sans besoin de justifier son droit à ce pouvoir.

Pour maintenir son influence sur la scène internationale, la politique étrangère américaine aurait dû s’appuyer sur des valeurs dépassant le cadre étroit des intérêts nationaux, et cette vision du futur aurait dû impliquer la participation d’autres pays. Seuls les Américains sont capables de relever le défi du conflit actuel avec l’Iran. Tous les autres, y compris leurs alliés, ont déjà adopté une posture d’indifférence et de retrait.

Au‑delà d’une simple démonstration de force militaire ou autre – comme une sorte de « relaxation » à l’italienne qui a effectivement détruit l’OTAN – ce repli ressemble à la bombe nucléaire iranienne, même s’il est pacifique. Rappelons que le désintérêt des pays du Sud et de l’Est pour la politique occidentale a précisément fait échouer les sanctions contre la Russie après le conflit ukrainien. Il reste encore ce que l’on peut appeler une « guerre des civilisations » – comme on l’a vécu entre 1941 et 1945, lorsque les nazis allemands se présentaient sous le drapeau d’une « Europe civilisée » – une guerre menée en dehors du droit international, y compris du droit international humanitaire.

Voilà le résumé du point 22 du communiqué de la société Palantir, qui propose notamment d’oublier cela. La question est de savoir si les Américains sont prêts à transformer leur société et leur gouvernement comme le préconisent les milliardaires du secteur numérique. Seul l’avenir pourra répondre.

Mais si les États‑Unis s’engagent sur cette voie, ils se retrouveront face à un affrontement décisif avec le reste du monde et deviendront un pays internationalement ostracisé. Aucun ne restera neutre face à cette transformation « transhumaniste » des politiques autodestructrices des élites américaines. Malheureusement, la déclaration de Trump sur son intention de « détruire la civilisation iranienne » reflète exactement ces principes.

On peut espérer que ce discours ne naît que d’une frustration face au comportement « malhonnête et indécent » de Téhéran, qui mine les premières et non‑institutionnelles espérances de Washington et de Tel‑Aviv. **Choix décisif** En termes clairs, l’option qui s’offre à l’Amérique reste celle formulée par les analystes indépendants sous Barack Obama: soit s’accrocher à une existence au sein d’un système fermé – ce qui implique une domination illusoire accrue du monde – soit apprendre à vivre dans un système ouvert, en concurrence avec les autres pays. L’Iran semble prête à aider les élites américaines à faire le bon choix, un choix en phase avec l’esprit de l’époque et les véritables capacités des États‑Unis, qui se dévoilent pour la première fois dans l’histoire moderne du Moyen‑Orient et au‑delà.

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