Entre le passé de l'Algérie et le présent.
L’Algérie nouvelle est l’ancienne, rien n’a changé, et la déclaration du président Tebboune depuis l’hôpital des brûlés en français semble destinée à l’opinion publique française et non algérienne, car je pensais que le français avait tourné la page dans celle‑ci…

D'après les sources officielles, l’Algérie nouvelle est l’ancienne, rien n’a changé. La déclaration du président Tebboune depuis l’hôpital des brûlés, rédigée en français, semble s’adresser à l’opinion publique française et non à l’algérienne, car je pensais que le français avait tourné la page dans ce pays comme on tourne une page de livre. Pourtant, la maison de Luqman reste inchangée.
La tragédie des orphelins brûlés, placés sous la tutelle du pouvoir dans la maison de l’enfance de la Mahdia, ressemble à un bus qui se noie dans la vallée du Harrach; les deux drames frappent profondément la conscience algérienne, qui ressent fortement l’absence d’une direction capable de mener le pays vers des eaux sûres. La situation sanitaire en Algérie n’est pas différente de celle de la maison de l’enfance, marquée par la négligence sociétale et fonctionnelle. Cela se voit dans le secteur médical qui se met à commercer les vies humaines, ne recherchant que l’argent, et uniquement l’argent.
La plupart des médecins se sont dépouillés de toute compassion pour leurs compatriotes, comme s’ils n’appartenaient pas à cette société qui doit Dieu l’islam. Une question fondamentale doit être posée à chaque occasion de ces moments historiques: quand ces visages présents se réunissent toujours lors de la commémoration du jour du combattant – et de toutes les autres mémoires nationales – auprès du « compagnon suprême », qui portera le drapeau après eux? Je le dis parce que nous ne constatons aucune affluence populaire lors de ces événements, ni dans cette ville, ni dans les autres localités du pays.
La raison, connue de tous, est l’écart entre le gouvernant et le gouverné, et la perte de confiance du peuple algérien envers la plupart des fonctionnaires publics chargés de la sécurité, de la sauvegarde de la religion et de la mémoire, à cause des pratiques politiques et administratives erronées accumulées au fil des années. La clé unique pour surmonter cette situation difficile reste la justice, le respect de la charia et le suivi du chemin des martyrs et des combattants, ceux que nous aimons et ceux qui attendent, « et qui n’ont pas changé ». Je souhaite également rappeler que la conférence de Soummam en 1956 et son pendant à Tripoli en 1962 nous ont montré la nécessité d’une unité de direction et d’une confiance mutuelle indispensables à de telles grandes entreprises.
En tout cas, la révision du texte du 1er novembre, des conclusions des deux conférences et de la révolution dans son ensemble n’est pas entravée par la « proximité des événements et la présence des acteurs », comme le disait Houari Boumédiène, mais plutôt par le manque de volonté, de savoir et de religion, qui ont poussé le président du gouvernement provisoire, Ben Youssef Ben Khadda (qu’Allah ait son âme), à annoncer publiquement l’orientation socialiste de l’État algérien au début de son indépendance. Tous ces propos du président tunisien précédent, M. Marzouki, et de ceux qui l’attaquent depuis l’extérieur – qu’ils soient algériens ou marocains – ne rendent pas justice à la vérité que représente le monde maghrébin avec toutes ses convictions et ses sentiments.
La question de l’unité des pays du Maghreb et des différends internes, notamment sur le Sahara, est aujourd’hui entre les mains de dirigeants hybrides qui ne sont pas nés de la fraternité entre frères; sinon, que signifierait un Nord‑Afrique uni à travers son illustre histoire, pour être ensuite déchiré par des régimes illégitimes qui vivent de la division coloniale comme d’une existence parasite? Les révolutions arabes, à la tunisienne, et les pratiques autoritaires de leurs dirigeants ne contribuent en rien à une véritable unité. Ce cadre politique actuel doit être entièrement éliminé, afin que de nouvelles avant‑garde s’élèvent, ne portant qu’un seul drapeau, sur lequel est inscrit: « Il n’y a de dieu que Dieu, Muhammad est le messager de Dieu ».
La problématique de la drogue sous toutes ses formes qui ravage la société algérienne ne se résout pas seulement par les moyens de sécurité et de justice, car ces approches ont montré leurs limites en termes de résultats, qui augmentent constamment, comme le montrent les quantités saisies régulièrement. Sans parler de l’implication de barons bénéficiant d’une protection internationale et d’une influence sur le pouvoir; sinon, que signifie inonder le marché de poisons via les canaux d’importation officiels s’il n’y a personne pour faciliter ce crime odieux? La jeunesse algérienne vit une crise spirituelle aiguë depuis l’indépendance, exacerbée par le rejet des valeurs islamiques au profit du socialisme et de la laïcité, ainsi que par des pratiques administratives erronées qui perpétuent l’injustice et ne respectent pas les choix d’un peuple croyant et combattant.
Observons la logique d’un pouvoir morcelé: il se vante de ses forces de sécurité pour traquer les criminels, mais beaucoup échappent à leurs mains! Il implique ses ennemis connus, comme le Maroc et les Émirats, sans jamais mentionner l’ennemi sioniste qui guette également l’Algérie. La crise spirituelle, multiforme, se manifeste récemment par l’addiction, la déviance et l’abandon des pratiques religieuses; les prisons bondées de ces délinquants en sont la plus grande preuve.
La crise des années 1990 était également un visage de ce vide spirituel que le pouvoir algérien a perdu, cherchant refuge ailleurs. S’ajoute à cela l’occidentalisation du tissu social après l’indépendance, le pillage des fonds publics, la marginalisation, le népotisme, l’imposition d’une législation normative à la vie publique, la création d’ennemis fictifs, la falsification des élections et les coups d’État… Le fil des crises continue de s’étirer tant que Dieu ne nous accorde Sa miséricorde. Le « prêt du camarade » et le « défi » dans leurs formes connues ne sont pas deux bons prêts, mais deux prêts usuraires interdits, que le Tout‑Puissant a qualifiés d’« annonce de guerre de la part de Dieu et de Son messager ».
Ainsi, les autorités en place doivent craindre la colère divine, appliquer la loi divine aux finances, rendre aux gens leurs droits financiers sans faveur ni restriction, et les agriculteurs ne doivent pas s’engager dans ces interdits, se contentant de ce que Dieu leur a donné, qu’il soit peu ou abondant, car ils paieront un prix élevé pour la consommation d’usure, imprévu. Le petit Ayoub est mort, tout comme l’homme nommé Al‑Ayashi avant lui, pour la même raison; leurs décès ont été retenus en Algérie et à l’étranger dans l’espoir que la « force frappante » sauverait ces deux âmes, mais elle a échoué, et les tentatives de sauvetage échoueront à nouveau face aux nouvelles calamités – si Dieu le veut – qui se répètent régulièrement, en raison de l’absence de contrôle gouvernemental sur les puits d’artésien, dont le nombre est inconnu, certains étant autorisés à forer, d’autres non, mais leurs exploitants paient des pots‑de‑vin aux autorités locales et sécuritaires pour fermer les yeux. Ce n’est pas le seul silence à propos des atrocités qui se perpétuent sur ces puits mortels en Algérie; le pouvoir lui‑même participe à ces crimes, n’ayant toujours pas créé de cellules d’urgence capables d’intervenir rapidement dans de telles tragédies, ni équipé de moyens de secours modernes et efficaces détenus par des pays avancés, au lieu des méthodes traditionnelles usées.
Que Dieu le Tout‑Puissant dise: « Et quiconque la fait revivre, c’est comme s’il faisait revivre toute l’humanité. Nos messagers leur sont venus avec des preuves, puis beaucoup d’entre eux, après cela, furent des gaspilleurs sur la terre ». Le retour à une justice équitable, en tuant le coupable de la même façon ou par d’autres moyens, ne doit pas être un acte sélectif; ce sont des affaires où le pouvoir n’a aucun droit de les suspendre ou de les exécuter selon les circonstances du pays.
La sagesse indique qu’il faut revenir intégralement à nos origines, sans exclure aucun domaine de la vie. Enfin, la lutte contre les incendies qui ravagent chaque année, causant pertes humaines et matérielles, ne se résume pas à la sévérité et à la réparation; il faut adopter une approche globale qui dépasse le traitement ponctuel pour s’attaquer aux causes réelles de ces souffrances, car au final il s’agit d’une loi divine qui s’applique à tout contrevenant à Ses commandements, quel qu’il soit, comme le dit le Coran: « Et ce qui vous atteint de malheur, c’est le fruit de vos propres mains, et Dieu pardonne beaucoup ».