Le Président de la République aux populations de l’Adrar : écouter les citoyens et les informer sur la situation générale du pays, tels sont les principaux objectifs de ma visite
Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a présidé, dimanche soir, à Atar, un grand meeting populaire, au début de la visite de travail et d’information...

Selon les dernières informations, le Gouvernement déploie d’importants efforts afin de limiter la hausse des prix des produits de consommation, en partenariat avec les opérateurs économiques, de poursuivre le soutien direct aux ménages à faibles revenus et aux travailleurs retraités, de continuer à mettre en œuvre les programmes de développement et les grands projets auxquels nous nous sommes engagés. Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de problèmes, de difficultés et de dysfonctionnements, ni qu’il n’aurait pas été possible de faire mieux. À titre d’exemple, la crise énergétique qui sévit dans le monde en raison de la dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a provoqué une hausse sans précédent des prix du pétrole, le prix de la tonne de gasoil étant passé de 726 dollars à 1 500 dollars.
Notre pays a été touché par cette crise, comme tous les autres États, et les citoyens en ont été particulièrement affectés en raison de la hausse des prix. Malgré cela, le Gouvernement a consacré jusqu’à présent, au cours des deux premiers trimestres de l’année, 36 milliards d’anciennes ouguiyas au soutien du prix de ce produit. La facture du soutien au titre du troisième trimestre de l’année devrait dépasser 20 milliards.
Sans ce soutien, le prix du gasoil, par exemple, aurait atteint entre 800 et 900 anciennes ouguiyas. Nous avons également consacré jusqu’à présent plus de 20 milliards d’anciennes ouguiyas au soutien direct des ménages, des travailleurs et des retraités à faibles revenus. La dernière opération en date est celle du programme « Aoun », dont ont bénéficié plus de 350 000 familles.
Tout cela témoigne de notre capacité, avec l’aide d’Allah, à résister aux crises et aux défis. Cette capacité se renforce chaque fois que notre cohésion sociale se consolide et que notre front intérieur gagne en cohésion. Nous devons donc tous contribuer activement au renforcement de ce front intérieur, afin que chaque génération puisse transmettre à la suivante une patrie plus unie, porteuse de plus d’espoir, plus prospère, plus juste et plus équitable.
Je me souviens, à cet égard, d’un discours prononcé par le Président fondateur, Mokhtar Ould Daddah, devant les habitants de la ville d’Atar, trois ans avant l’indépendance. Il avait alors été élu dans votre wilaya en qualité de député territorial. Il avait, à cette occasion, partagé avec les personnes présentes ses réflexions sur l’avenir d’un pays qui était encore en pleine construction, s’interrogeant devant elles et avec elles sur la Mauritanie qu’elles souhaitaient.
L’État a considérablement changé depuis cette époque. Il a connu certes de profondes secousses, mais il en est sorti plus fort grâce à l’effort cumulatif, apprécié et salué, accompli par plusieurs générations successives de ses dirigeants; ses conditions ont changé, sa population a doublé et celle-ci est devenue majoritairement jeune, davantage formée, instruite, ouverte et aspirant à davantage de perspectives. Le pays a également connu une transformation urbaine considérable.
Ses institutions se sont développées, les besoins de sa société se sont accrus et les aspirations de celle-ci ont atteint de nouveaux seuils. Malgré toutes ces transformations, la question fondamentale posée à l’époque par le Président Mokhtar Ould Daddah demeure actuelle et pertinente, et nous continuons, génération après génération, à nous efforcer d’y répondre. Notre responsabilité aujourd’hui consiste à actualiser la réponse à cette question à partir de notre situation présente, en nous interrogeant sincèrement: Le système institutionnel mis en place dans le passé et dans lequel nous continuons à œuvrer suffit-il à répondre aux besoins actuels de l’État et de la société?
Et que devons-nous y développer afin que l’État demeure capable de renforcer son unité nationale et sa cohésion sociale, de consolider l’État de citoyenneté, de droit et des institutions, et de réaliser les aspirations de ses enfants en matière de développement, de justice, d’équité, de dignité et de prospérité? Je nourris le grand espoir que le dialogue national inclusif, qui se tiendra prochainement, incha Allah, permette de parvenir à un large consensus autour des grandes questions nationales et contribue à renforcer le pacte national, de manière à le rendre davantage capable d’intégrer la réalité d’un pays en évolution rapide et plus représentatif des aspirations de ses nouvelles générations. Je ne veux pas dire par là qu’il faille redéfinir la patrie, porter atteinte à ses fondements et à ses principes républicains ou à son identité culturelle et civilisationnelle.
Ce que j’entends, c’est que nous devons sortir de ce dialogue avec une cohésion sociale renforcée, un lien de citoyenneté consolidé, davantage de justice et d’équité, ainsi que des institutions plus fortes, plus harmonieuses, plus efficaces et davantage capables de s’adapter aux évolutions de la réalité. Ce dialogue doit être un dialogue inclusif et sérieux, qui ne reconnaisse ni interdits ni orientations imposées par quelque partie que ce soit. Ses conclusions doivent être exclusivement issues de ses propres délibérations.
C’est à cette seule condition qu’il pourra constituer une expression sincère de ce que nous voulons tous pour notre pays. Les peuples qui ne s’interrogent pas sur leurs trajectoires, ne réexaminent pas leurs stratégies et ne se projettent pas dans l’avenir sont, le plus souvent, les moins capables de résister, de s’adapter et de perdurer. C’est pourquoi j’appelle tous les participants au dialogue à venir à faire prévaloir l’intérêt général et à faire constamment preuve de souplesse et de responsabilité, en souhaitant que tous les Mauritaniens contribuent de manière constructive à la réussite de ce dialogue.
Je vous remercie. Assalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou. » Le meeting s’est déroulé en présence du wali de l’Adrar, M.
Abdallahi Ould Mohamed Mahmoud, de la délégation officielle accompagnant Son Excellence le Président de la République, du président du Conseil régional de l’Adrar, du hakem de la moughataa d’Atar, du maire de sa commune ainsi que des élus locaux. AMI