Économie·

Mauritanie que nous ne voulons pas

Lorsque Son Excellence le Président de la République a appelé à définir « l’État que nous voulons », il a ouvert un débat qui dépasse les programmes et les projets pour poser une question plus profonde : quelle Mauritanie voulons‑nous construire ? Et peut‑être la question a un autre volet tout aussi important : quelle Mauritanie ne…

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Alakhbar.infoTraduit de l'arabe
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Il ressort que la Mauritanie a parcouru de nombreux kilomètres dans la construction de routes, d’infrastructures, de services et dans l’élargissement de la présence de l’État, mais le prochain défi consiste à transformer ces investissements, de façon plus importante, en opportunités économiques durables, en enseignement de qualité, en meilleure santé, en emplois productifs et en amélioration tangible de la vie des citoyens. Nous ne voulons pas d’une économie où les importantes richesses du pays restent détachées des aspirations du Mauritanien. La Mauritanie possède des ressources minières, halieutiques, animales, agricoles et énergétiques, mais le véritable pari est de convertir ces ressources en valeur ajoutée, en emplois, en diversification économique et en développement équilibré entre les régions.

Nous ne voulons pas d’un système éducatif qui se contente de former des diplômés; nous voulons une éducation qui façonne des individus capables de connaissance, de créativité, de travail, de concurrence, ainsi qu’une formation professionnelle alignée sur les besoins de notre économie et ses nouvelles opportunités. Nous ne voulons pas que notre diversité sociale et culturelle devienne une source de tension. Nous voulons que la diversité constitue une force de la Mauritanie, que l’unité nationale repose sur la justice, l’équité, l’égalité des chances et la confiance mutuelle.

Nous ne voulons pas non plus rester prisonniers des blessures du passé ou des conflits du présent. Nous voulons une prise en charge responsable de ce qui mérite d’être traité, qui préserve les droits et la dignité, et qui ouvre la voie à un véritable intérêt national et à un avenir partagé. Nous ne voulons pas d’une Mauritanie confuse quant à son identité.

Nous voulons un État sûr de son identité arabo‑islamique, fier de son histoire et de son patrimoine, ouvert à sa profondeur africaine, arabe et islamique ainsi qu’au monde, qui voit dans la diversité culturelle et sociale une richesse et non une menace. Nous ne voulons pas que la politique devienne une fin en soi, ni que l’État se réduise à un champ de distribution de postes et de profits; nous voulons que la concurrence politique porte sur les idées, les programmes et la bonne gestion des affaires publiques. La Mauritanie se trouve peut‑être aujourd’hui devant une opportunité majeure: transformer sa stabilité, ses ressources naturelles, son patrimoine de projets, d’expériences et d’institutions, en un projet national à long terme.

Ainsi, la question « l’État que nous voulons » s’accompagne d’une autre: quel État ne voulons‑nous pas retrouver, ni reproduire? Nous ne voulons pas d’un pays qui gaspille ses potentialités, ni d’un pays qui gaspille ses enfants, ni d’un pays où l’écart entre le citoyen et ses institutions se creuse, ni d’une patrie qui vit d’illusions futures tout en reportant la résolution des déséquilibres actuels. Nous voulons bâtir sur ce qui a été réalisé, reconnaître ce qui n’a pas été réalisé, et corriger ce qui doit l’être.

La patrie souhaitée ne se construit pas en niant les acquis, ni en s’en contentant; elle se construit en s’appuyant sur eux, en les critiquant, en les développant, puis en passant à quelque chose de meilleur. Ainsi les deux questions se complètent: quelle Mauritanie voulons‑nous construire? Et quelle Mauritanie ne voulons‑nous pas reproduire?

Entre ces deux interrogations, à mon sens, débute le débat sérieux sur l’État que nous voulons.

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