Le Maroc, la veille du scrutin… carte politique et dossiers en attente de décision.
Sidi Mohamed Chemmad – Rabat est entré au Maroc depuis la moitié de la nuit de mardi, dans la phase du silence électoral, après treize jours de campagne électorale, et quelques heures avant que les électeurs se dirigent vers les bureaux de vote le mercredi troisième…

Selon les dernières informations, sidi Mohamed Chemmad – Le Maroc est entré, depuis le milieu de la nuit de mardi, dans la période du silence électoral, après treize jours de campagne électorale, et quelques heures avant que les électeurs se rendent aux urnes le mercredi 23 septembre, pour choisir les membres de la Chambre des députés. Ces élections s’inscrivent dans un mandat législatif auquel participent vingt‑sept partis politiques, les candidats se disputant trois cent quatre‑vingt‑quinze sièges, alors que le nombre d’inscrits sur les listes électorales dépasse quinze millions huit cent mille électeurs. Les données officielles indiquent la présence de mille huit cent cinquante listes et plus de sept mille deux cents candidats.
Le contexte politique actuel se déroule sur une carte politique différente de celle connue du Maroc il y a dix ans. Lors des élections de 2016, le parti Justice et Développement (JDD) était en tête avec cent vingt‑cinq sièges et a dirigé le gouvernement pendant le mandat suivant. Mais les élections de 2021 ont renversé les équilibres: le Rassemblement national des libres (RNL), puis Authenticité et Modernité, puis l’Indépendance, ont formé la majorité gouvernementale actuelle.
En contrepartie, le JDD a fortement reculé à treize sièges et est passé à l’opposition. Ainsi, les forces politiques entrent dans les élections du 23 septembre depuis des positions différentes de celles qu’elles occupaient en 2016, chaque parti cherchant à consolider ou à améliorer sa place au sein du prochain parlement. Majorité gouvernementale à l’épreuve La majorité actuelle regroupe le RNL, Authenticité et Modernité et l’Indépendance.
Ces trois partis ont ensemble remporté deux cent soixante‑dix sièges sur les trois cent quatre‑vingt‑quinze lors des élections de 2021. Aziz Akhannouch figure en tête de la scène gouvernementale en tant que chef du gouvernement, bien qu’il ait quitté la présidence du RNL en février dernier, la direction du parti étant passée à Mohamed Choukri. On note également Fatima Zahra Mansouri à la tête d’Authentité et Modernité, Nizar Baraka à la tête du parti de l’Indépendance, ainsi que des personnalités politiques et gouvernementales de premier plan, dont Fouzi Lakjaa.
Dans la période précédant le vote, des divergences sont apparues parmi les membres de la majorité sur plusieurs dossiers, alors que l’alliance gouvernementale restait en place. En revanche, Abdelilah Benkirane se présente aux élections depuis l’opposition, et le parti Justice et Développement cherche à regagner une partie de son influence après le recul de 2021. Le rêve du retour de l’opposition ne se limite pas aux trois partis qui dirigent le gouvernement.
D’autres partis d’opposition, comme l’Union socialiste des forces populaires, le Mouvement populaire, le Progrès et le Socialisme, ainsi que le JDD, visent à renforcer leur présence à la Chambre des députés. Le JDD participe particulièrement à ces élections, après être passé de la direction du gouvernement à l’opposition en cinq ans. Il propose un programme comprenant des centaines de mesures, axées sur les services publics, l’emploi, le pouvoir d’achat et la réforme institutionnelle.
Les autres partis d’opposition entrent dans la course avec des programmes et des approches variés, rendant le paysage électoral marocain multipartite, et ne se limitant pas à une simple dichotomie majorité‑opposition. Les dossiers phares de la campagne électorale Les programmes des partis ont largement convergé sur des enjeux économiques et sociaux, parmi lesquels l’emploi, le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, le logement et les opportunités pour les jeunes. Ces questions apparaissent alors que le chômage, surtout chez les jeunes, constitue l’un des principaux défis du débat politique et électoral.
Le RNL place l’emploi et l’investissement parmi ses priorités, promettant la création d’un million d’emplois au cours du mandat suivant. Authenticité et Modernité mise sur le pouvoir d’achat, l’insertion des jeunes et les services publics, avec des engagements en matière d’emploi, de logement et de santé. Le parti de l’Indépendance, quant à lui, intègre le pouvoir d’achat, les services publics, la lutte contre la corruption et la souveraineté stratégique dans son programme, aux côtés d’autres thématiques liées à la jeunesse et à la famille.
Les questions post‑scrutin Il est impossible de résumer les attentes de millions d’électeurs en une seule position, mais les thèmes du travail, des prix, de la santé, de l’éducation, du logement et des opportunités pour les jeunes ont été fortement présents dans le discours électoral des dernières semaines. Les élections se déroulent également dans un débat plus large sur la participation politique et la confiance des jeunes dans les institutions, alors que les données officielles montrent que la tranche d’âge de 18 à 24 ans ne représente que quatre pour cent du total des inscrits sur les listes électorales. Ainsi, l’importance des élections du 23 septembre ne se limite pas à la répartition des sièges; elle s’étend à la composition de la future majorité et de l’opposition, ainsi qu’aux dossiers économiques et sociaux que le gouvernement et le parlement à venir devront affronter.
Avec le début du silence électoral, les campagnes et les meetings publicitaires se sont arrêtés, et la scène est passée à la phase du vote. Demain, les électeurs se rendront aux bureaux de vote pour choisir leurs représentants à la Chambre des députés, avant le lancement du dépouillement et de l’annonce officielle des résultats. La campagne électorale se clôt ainsi, ouvrant une nouvelle étape qui déterminera la composition du prochain parlement et la nature de la majorité gouvernementale qui gérera la prochaine phase politique.