Asila… un Irakien et un Marocain remportent à parts égales le prix Biland Al‑Haidari pour les jeunes poètes.
Les poètes irakien Zain al‑Abidine al‑Mershadi et marocain Abu Bakr al‑Melliti ont partagé le prix Biland al‑Haydari pour les jeunes poètes, lors de sa huitième édition en 2026, après des nominations ayant rassemblé environ 16 jeunes projets poétiques provenant de diverses régions.

Il ressort que la Fondation Forum Asila a annoncé que le jury du prix a décidé à l’unanimité de l’attribuer aux deux poètes, après des débats sur les recueils et les textes des candidats, soulignant que al‑Marshadi et al‑Melliti ont attiré l’attention par leur capital poétique et leur expérience créative. Le jury était présidé par le poète, écrivain et journaliste marocain Yassine Adnan, et comprenait des poètes, critiques et universitaires de Tunisie, d’Égypte, d’Irak, du Liban et du Maroc, ainsi que le secrétaire général de la Fondation Forum Asila, Hatim al‑Battiwi, tandis que les travaux critiques et académiques étaient coordonnés par le marocain Chérif al‑Djin Maoudoulin. En louant les deux expériences, le jury a salué l’œuvre du poète irakien Zain al‑Abidin al‑Marshadi, auteur du recueil « L’enfant des bergers », le qualifiant de jeune poète possédant des outils poétiques lui permettant de mêler les différentes formes de la poésie arabe à travers son histoire, et de proposer un même poème à la fois novateur et frais dans son approche des choses.
Le jury a noté que al‑Marshadi s’appuie sur « le mécanisme de la contradiction » comme alternative à l’idée traditionnelle du recueil thématique, incitant le lecteur à reconsidérer le texte et le monde qu’il constitue. Concernant l’expérience du poète marocain Abu Bakr al‑Melliti, le rapport du jury a souligné la cohérence de son projet, s’étalant sur les recueils « Dans tes yeux se trouvent les cafés » et « Perte en jupe mini et bas longs », notant son succès à se détacher de l’influence de ses prédécesseurs en travaillant sur les détails de son propre univers. Le jury a également observé que la phrase poétique chez al‑Melliti est passée d’une méditation expansive au début à une économie linguistique souple, utilisant parfois des phrases courtes et tronquées, et transformant les petits détails quotidiens en matière poétique, loin du langage prétentieux et de l’artifice rhétorique.
Les expériences poétiques comprenaient, parmi les œuvres proposées par les membres du jury, des voix jeunes venues du Maroc, d’Égypte, du Liban, de Syrie, d’Irak, de Tunisie et du Koweït, avant que le jury ne choisisse al‑Marshadi et al‑Melliti pour partager le prix. La fondation a déclaré que le choix de ces deux expériences visait à honorer deux modèles de jeunes voix poétiques offrant des visions artistiques et stylistiques variées, considérant que le partage du prix renforce la diversité artistique, stylistique et typologique, en tant que l’un des piliers du prix créé par la Fondation Forum Asila pour encourager les jeunes poètes. La remise du prix est prévue le 17 octobre prochain, dans le cadre des activités de la 47ᵉ édition du Festival culturel international Asila, dont la session automnale se tiendra du 2 au 18 octobre prochains.
Le prix, créé en 1997, a été institué à l’occasion d’une cérémonie en mémoire du poète décédé Bilad al‑Haydari, organisée par le défunt Mohamed ben ʿIssa, secrétaire général de la Fondation Forum Asila, en août 1996, avant d’être officiellement établi en 1997. La première édition du prix a eu lieu en 2000, remportée à parts égales par le poète marocain Abdel Salam al‑Mousawi et l’Égyptien Ahmed Bakhit. La deuxième édition, en 2003, a été partagée entre le Marocain Yassine Adnan et l’Irakien Ali al‑Shallah; la 2008 a couronné la Marocaine Ikrim Abadi et l’Émiratie Khouloud al‑Mala.
En 2011, le prix a été partagé entre le Marocain Abdel Rahim al‑Khsar et le Koweïtien Mohamed Hicham al‑Marocain; en 2015, il a été partagé entre la Marocaine Sakina Habib Allah et le Jordanien Abdullah Abu Bakr; en 2018, entre la Marocaine Nassima al‑Rawi et le Tunisien Mohamed al‑Arabi. La septième édition, organisée en 2022, a été partagée entre la poétesse égyptienne Nihad Zaki et le poète marocain Omar al‑Raji, avant que la huitième édition de cette année ne revienne aux poètes irakien Zain al‑Abidin al‑Marshadi et marocain Abu Bakr al‑Melliti.