Politique·

Guinée-Bissau… les autorités annoncent qu’il est impossible de tenir les élections présidentielles en décembre.

Ibrahim Al-Harim – Dakar : le Premier ministre du gouvernement de transition en Guinée‑Bissau, Elido Vera, a déclaré que les conditions ne sont pas favorables à l’organisation d’élections présidentielles le 6 décembre prochain. Selon ce que l’agence de presse portugaise a rapporté…

SM
Sahara MediasTraduit de l'arabe
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Selon l’agence de presse portugaise, les propos du Premier ministre ont été prononcés lors d’une réunion entre le président de transition, le général Horta Anta, et plusieurs membres du gouvernement ainsi que du comité électoral, afin de discuter de la situation actuelle et des conditions d’organisation du scrutin présidentiel. Le Premier ministre, à l’issue de la réunion, a indiqué que la rencontre était consacrée à l’examen des élections générales prévues le 6 décembre, et a précisé que le gouvernement était parvenu à la conclusion que « de nombreux partis politiques n’ont pas tenu leurs conférences pour renouveler leurs instances, ce qui constitue un obstacle à l’organisation des élections, les délais légaux de dépôt des candidatures étant expirés le 6 octobre ». Il a ajouté que le gouvernement de transition « doit organiser des élections qui respectent toutes les dispositions légales, afin d’éviter tout problème post‑électoral », estimant qu’« aucune condition ne permet de tenir les élections à la date prévue ».

Il a annoncé que la présidence communiquera ultérieurement un nouveau calendrier pour l’organisation du vote. Les déclarations du Premier ministre Elido Vera rejoignent celles du porte‑parole du comité électoral, qui a affirmé que la tenue du scrutin à la date initialement fixée était techniquement impossible. De son côté, l’un des principaux opposants, l’ancien Premier ministre et président du parlement Domingo Simões Pereira, a estimé que « les conditions nécessaires pour se rendre aux bureaux de vote ne sont pas réunies », lors d’une audition devant le parlement portugais sur la situation en Bissau.

Pereira a critiqué la situation dans son pays, qualifiant les restrictions des libertés et l’entrave à toutes les activités politiques des partis de « pression », se demandant comment il était possible de parler d’un retour à la normale et de se préparer aux élections dans de telles conditions. L’ancien Premier ministre et figure politique de l’opposition en Bissau a appelé la communauté internationale à intervenir, afin d’inciter les autorités à fournir des indicateurs positifs démontrant leur sérieux dans la reconstruction des institutions politiques, considérant l’opposition comme un acteur essentiel du dialogue, afin que le pays puisse sortir de la phase de transition, rétablir la normalisation politique et restaurer la situation constitutionnelle. La Guinée‑Bissau vit une phase de transition depuis novembre 2025, à la suite d’un coup d’État militaire qui a renversé le président Amro Sissoko Imbalo.

Imbalo avait annoncé à la fin du mois de septembre dernier son intention de revenir dans le pays et de se présenter aux élections présidentielles, avant que les autorités militaires au pouvoir ne déclarent que les conditions n’étaient pas propices à son retour. Dans le même contexte, le chef du conseil militaire et président de transition, le général Horta Anta, a mis en garde les « éléments des forces spéciales de la garde présidentielle » de ne pas déposer les armes et de ne pas rejoindre les formations militaires. Il a déclaré, selon des médias locaux, que « le meilleur moment pour déposer les armes, c’est maintenant », alors que les autorités commençaient à démanteler cette unité, connue dans les médias sous le nom de « forces de lutte contre le coup d’État », une force spéciale directement rattachée au président, créée par le président déchu Amro Sissoko Imbalo après la tentative de coup d’État avortée de 2022.

Le général Horta Anta, ancien commandant de la garde présidentielle, a confirmé que la force concernée « n’est pas bien organisée, et aucun de ses membres n’a été radié de l’armée ». Les médias bissau‑énois considèrent que le démantèlement de cette force s’inscrit dans une réduction de l’influence du président déchu Amro Sissoko Imbalo, suite au limogeage de plusieurs responsables qui lui étaient proches, dont le ministre de l’Intérieur, le ministre de la Pêche et le directeur général des impôts. Les observateurs estiment que le refus du retour d’Imbalo dans le pays, conjugué au démantèlement de la force qui lui était rattachée, ainsi que l’annonce de l’impossibilité d’organiser les élections à la date prévue, reflètent une tension nette entre l’ancien chef de la garde présidentielle et le président déchu Amro Sissoko Imbalo.

En revanche, l’opposition soutient qu’Imbalo se cache derrière le coup d’État qui l’a renversé, après les élections présidentielles où il s’était opposé au candidat de l’opposition Fernando Dias da Costa, considérant cette tentative comme une manœuvre d’Imbalo pour revenir au pouvoir après une courte période de transition, ainsi qu’une modification constitutionnelle renforçant les prérogatives du président, selon l’opposition.

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