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Les médias publient le résumé du rapport du comité d’enquête sur les incendies de la Somelec.

Les Nouvelles (Nouakchott) – Le ministère de la Première ministre a publié jeudi soir un résumé du rapport du comité chargé d’enquêter sur les incendies des deux stations de la Société mauritanienne d’électricité « Somelec », quelques heures après avoir remis une copie au président Mohamed Ould…

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Selon les dernières informations, la durée de ces perturbations, selon les quartiers, a varié entre trois et cinq jours, affectant à la fois les foyers et les activités économiques. Les pertes économiques sont estimées à environ 0,07 % du PIB du troisième trimestre 2026, en plus de coûts directs dépassant 220 millions d’ouguiyas neufs, ainsi que le coût de la remise en état des deux postes principaux, évalué par la société nationale d’électricité à 143,9 millions d’ouguiyas neufs. Le 24 août 2026, le président de la République a visité les deux sites endommagés.

Le lendemain, un comité d’enquête indépendant a été officiellement créé pour les incendies des deux postes de transformation de la société nationale d’électricité, par le décret du Premier ministre n° 1228/VA du 25 août 2026. Ce décret fixe la durée de la mission du comité à trente jours, extensible exceptionnellement de quinze jours, garantit son indépendance et prévoit la possibilité de recourir, le cas échéant, à tout expert dont les compétences pourraient être utiles. La mission du comité consiste à mener une enquête indépendante visant à: - Déterminer la chronologie précise de chaque incendie, les circonstances de son déclenchement, son point d’origine, son mode de propagation et les conditions d’alerte et d’intervention; - Identifier les causes directes et indirectes, qu’elles soient techniques, humaines, organisationnelles ou procédurales, ainsi que les facteurs ayant pu favoriser le déclenchement, la propagation ou l’aggravation des incendies; - Sur la base de faits avérés, relever les actes, omissions ou négligences susceptibles d’engager la responsabilité des personnes physiques ou morales, de la société nationale d’électricité, des prestataires ou de tout autre acteur concerné, sans préjuger de la qualification juridique finale qui reviendra aux autorités compétentes; - Proposer les mesures correctives et préventives nécessaires pour sécuriser immédiatement les sites concernés, prévenir de nouveaux incidents et renforcer durablement la sûreté de toutes les installations de la Somelec; - Formuler toute recommandation utile relative à la gouvernance de la sécurité, la maintenance, le contrôle interne, la gestion des risques, les plans d’urgence, la formation du personnel et le suivi de la mise en œuvre des mesures proposées.

Ces incendies surviennent dans un contexte d’importants investissements visant à développer le secteur de l’électricité, notamment à Nouakchott. En novembre 2024, un budget de 1,77 milliard d’ouguiyas neufs a été alloué, dans le cadre du programme d’urgence de la société nationale d’électricité, à la réhabilitation du réseau de transport et de distribution d’électricité. Ce programme comprend notamment: - La fourniture, l’installation et la mise en service de trois liaisons de 33 kV entre les postes de transformation principaux; - La création d’une nouvelle ligne de 33 kV destinée à alimenter le champ de puits de la société nationale de l’eau à Idini; - La réalisation de deux nouveaux postes de transformation de 33/15 kV d’une capacité de 45 MVA; - La fourniture, l’installation et la mise en service de cinq transformateurs de 45 MVA; - La fourniture et l’installation d’équipements électriques destinés à étendre le réseau de moyenne et basse tension à Nouakchott.

Ce programme est exécuté et suivi selon un accord conclu entre le ministère de l’énergie et du pétrole, en tant que maître d’ouvrage, et la société nationale d’électricité, en tant que maître d’ouvrage délégué, via un compte de dépôt géré conjointement. Le comité a tenu sa première réunion le 31 août 2026 dans un siège dédié. Il a bénéficié du soutien du Premier ministre, de l’appui logistique du ministère de l’énergie et du pétrole et de la coopération des responsables de la société nationale d’électricité.

Les investigations se sont appuyées sur des entretiens, des visites de terrain, des tests de certaines parties des installations, ainsi que sur l’étude des rapports, contrats, documents administratifs et dossiers techniques fournis par les parties concernées. Cependant, l’ampleur des dommages aux équipements et aux installations a limité de façon notable la reconstitution précise de la chronologie et le suivi de certains événements. Les consultations ont notamment impliqué le ministère de l’énergie et du pétrole, la société nationale d’électricité, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, l’ingénieur‑consultant IRAF, la société de construction CTM, chargée de fournir les équipements et de réaliser les trois nouvelles liaisons de 33 kV.

Le comité a également mobilisé une petite équipe administrative, des experts de la Inspection générale de l’État et du Comité national de contrôle des marchés publics, ainsi que l’assistance technique de la Société nationale de l’industrie et des mines (SNIM). Des experts externes ont été sollicités, notamment les cabinets d’études ECG (Suisse) et GOPA INTEC (Allemagne) mentionnés dans le décret, ainsi que la société TMLSA, dont la disponibilité et la contribution ont été particulièrement appréciées. Ces experts ont effectué des visites de terrain, supervisé les tests convenus et participé aux discussions techniques avec le comité, la société nationale d’électricité et les autres parties.

**Chronologie des incendies et circonstances** Les éléments recueillis et les analyses menées par le comité et les experts ont conduit à concentrer les investigations, en priorité, sur les nouvelles liaisons, sans exclure les installations existantes. Ils ont conclu que les deux incendies sont directement liés à ces nouvelles liaisons, mises en service le 15 août 2026 pour le poste oriental et le 20 août 2026 pour le poste nord. Dans les deux cas, le point d’origine a été identifié au niveau des cellules de 33 kV utilisées pour ces liaisons.

Malgré les tests complémentaires demandés par le comité, en présence de la société nationale d’électricité, de l’ingénieur‑consultant IRAF et de la société CTM ainsi que des experts ECG et GOPA INTEC, les investigations n’ont pas pu déterminer avec certitude le mécanisme technique à l’origine de l’étincelle électrique sur les nouvelles liaisons, ni localiser précisément le défaut initial, que ce soit dans le câble, ses extrémités ou les boîtes de jonction. Chaque composant présente des dysfonctionnements potentiels pouvant avoir contribué à l’incendie. Les interventions ont permis de maîtriser les deux incendies, mais ont révélé les limites du système de prévention, de supervision, de détection précoce et de lutte contre l’incendie, qui n’était pas proportionné à l’importance stratégique des installations touchées.

Les équipements concernés font partie du lot « fourniture, installation et mise en service de trois liaisons de 33 kV entre les postes de transformation principaux », exécuté dans le cadre de deux marchés: - Un marché de 124 millions d’ouguiyas neufs attribué à la société CTM Bâtiments, portant sur la fourniture et la mise en service de trois nouvelles liaisons de 33 kV reliant la station double à la station nord, la station nord à la station ouest, et la station nord‑est à la station orientale; - Un marché d’ingénierie de 45 millions d’ouguiyas neufs attribué au bureau d’ingénierie IRAF Africaines Réalisations, portant sur le suivi de la mise en œuvre de quatre marchés, dont celui des trois liaisons sus‑mentionnées. **Causes probables et facteurs de propagation** Les experts ont avancé l’hypothèse d’un défaut localisé dans un accessoire du câble ou à l’une de ses extrémités ou dans une boîte de jonction, pouvant entraîner une élévation progressive de la température, suivie d’un arc électrique, sans pouvoir identifier de façon décisive le mécanisme initial. Le scénario le plus plausible serait une surchauffe au point de contact entre le blindage métallique du câble et le conducteur de mise à la terre, sans exclure un défaut de mise à la terre affectant l’une des extrémités du câble ou ses accessoires, non éliminé correctement par les dispositifs de protection.

Les tests réalisés avant la mise sous tension n’étaient pas suffisants pour garantir la conformité des accessoires et du système de protection. Aucun élément ne prouve un acte délibéré ou une erreur d’exploitation. Les facteurs suivants ont probablement favorisé la propagation et l’aggravation des incendies: - Retard ou insuffisance dans l’isolation du défaut électrique potentiel, notamment en l’absence d’une validation officielle du bon fonctionnement du système de protection; - Absence d’intervenants de la société nationale d’électricité sur place pour déclencher immédiatement les moyens d’extinction disponibles; - Absence de barrières empêchant la propagation du feu entre les groupes de cellules sur le tableau de 33 kV; - Présence de matériaux naturellement inflammables dans les cellules installées dans les postes et dans les câbles enterrés; - Insuffisance des systèmes de détection d’incendie et des moyens d’extinction; - Réaction relativement lente du dispositif d’intervention, caractérisée par de longs délais entre la détection, l’alerte, l’arrivée de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, et leur intervention effective, aggravée par la difficulté d’accès aux zones touchées.

Il convient de noter que les cellules de 15 kV situées à proximité des zones affectées n’ont pas été directement touchées par les flammes, bien qu’elles aient subi une chaleur excessive et l’eau utilisée lors de l’extinction. Les solutions temporaires mises en place par la société nationale d’électricité ont permis la remise en service des deux postes concernés. **Actes, carences et responsabilités** Les faits enregistrés révèlent de multiples carences pouvant entraîner des responsabilités institutionnelles, fonctionnelles ou contractuelles.

Leur attribution aux personnes doit être appréciée à la lumière des compétences exercées, des obligations en vigueur, de l’autorité réelle de décision ou de contrôle, ainsi que des éléments recueillis dans le cadre des procédures. Il faut souligner que la constatation d’un défaut ne signifie pas qu’il a déclenché les incendies ou en a aggravé les conséquences. Le comité a concentré son analyse sur les conditions d’exécution du projet de fourniture, d’installation et de mise en service des trois liaisons, réalisé dans le cadre du marché attribué à CTM et suivi par le bureau de conseil IRAF.

Il a toutefois élargi son enquête, à titre préventif, à d’autres contrats attribués aux mêmes deux entreprises dans le cadre du même programme d’urgence. Les éléments étudiés mettent en évidence des lacunes à plusieurs niveaux de la conception et de la mise en œuvre du projet, impliquant les principales parties prenantes. Le tableau annexé résume les responsabilités institutionnelles, fonctionnelles et contractuelles.

Au-delà de ces deux incendies, les informations recueillies révèlent une fragilité structurelle au sein de la société nationale d’électricité. Si les investissements réalisés ont permis d’accroître les capacités de production et de transport, le programme d’urgence ne semble pas avoir été accompagné d’un renforcement équivalent de l’organisation, des compétences, des procédures de gestion et du leadership nécessaires à l’exploitation optimale des nouvelles infrastructures. Dans ce contexte, le comité a proposé un ensemble de mesures visant d’une part à sécuriser les installations et les contrats concernés et à protéger les intérêts de la société nationale d’électricité et de l’État, et d’autre part à remédier aux points de faiblesse structurelle révélés par ces incidents, en renforçant durablement les mécanismes de gouvernance, de contrôle et de gestion.

Un plan d’action succinct figure en annexe du rapport. **Mesures correctives et préventives** - Renforcer le dispositif de surveillance et de réponse initiale aux urgences, en assurant une présence humaine permanente dans les postes de transformation principaux et sur tous les sites sensibles, en centralisant la diffusion des vidéos de surveillance au Centre national de contrôle, et en optimisant le placement et l’orientation des caméras pour garantir une couverture complète; - Réhabiliter les installations endommagées en recourant, selon une procédure d’urgence conforme aux règles en vigueur, à un ingénieur‑consultant indépendant chargé d’établir un cahier des charges et de suivre l’exécution, avant de confier les travaux à une entreprise qualifiée, chaque remise en service étant conditionnée à une vérification documentée de la conformité des installations et des systèmes de protection; - Réaliser un diagnostic du système de protection des postes de transformation principaux afin d’en améliorer le niveau, ainsi que la remise à niveau du Centre national de contrôle (CNC) pour assurer une supervision globale des postes; - Ordonner à la société nationale d’électricité de suspendre tout paiement et toute réception dans le cadre du marché relatif aux nouvelles liaisons attribué à CTM, et, conformément aux procédures, lancer les démarches de résiliation après mise en demeure, en prenant les dispositions nécessaires pour garantir la poursuite du projet; - Confier à l’autorité de régulation des marchés publics le dossier d’attribution du marché de réalisation des nouvelles liaisons, ainsi que le dossier du consortium dont CTM fait partie, afin d’examiner les critères de qualification du titulaire, notamment à la lumière de la contestation officielle de la certification de bonne exécution émise par la SNIM, et d’en tirer les conséquences sur le processus d’attribution supervisé par le comité des marchés d’investissement de la société nationale d’électricité, ainsi que sur la situation de CTM; - Demander à la société nationale d’électricité, compte tenu des insuffisances relevées dans la qualification du marché relatif à la réalisation de deux postes de transformation et à la réhabilitation de six postes existants, d’examiner les mesures prises par le consortium « Turnkey Solution Communication Engineers / CTM Electromechanical » suite aux mises en demeure, ainsi que d’évaluer la situation juridique de la société étrangère, présidente du consortium, et sa capacité réelle à honorer ses engagements, afin de déterminer les suites contractuelles appropriées; - Informer la société nationale d’électricité de la contestation de la certification de bonne exécution, fournie dans le dossier d’attribution du marché à CTM, en lui transmettant la réponse de la SNIM, et l’inviter à transmettre sans délai ces éléments, accompagnés des pièces justificatives, aux autorités judiciaires compétentes pour évaluer les éventuelles conséquences pénales conformément à la législation; - Attirer l’attention de la société nationale d’électricité sur les faiblesses de l’équipe d’IRAF chargée du suivi du CNC, et l’inciter à exiger les modifications nécessaires afin d’assurer une conformité technique aux exigences du projet; - Exiger de la société nationale d’électricité que le bureau IRAF renforce l’équipe en charge du suivi des quatre marchés concernés, en remplaçant les membres jugés insuffisamment compétents par des experts reconnus et qualifiés, sous réserve d’une validation préalable de la société nationale d’électricité avant leur mobilisation; - Élaborer un protocole opérationnel conjoint entre la société nationale d’électricité et les services de protection civile, à officialiser rapidement, définissant les mécanismes d’alerte, les procédures d’intervention, la répartition des responsabilités ainsi que les moyens humains, matériels et logistiques à mobiliser en cas d’urgence; - Réaliser un diagnostic complet du système de sécurité incendie de la société nationale d’électricité, en recourant à une expertise indépendante, incluant les moyens humains, techniques et organisationnels disponibles, afin de concevoir un plan intégré de mise à niveau de la sécurité dans l’ensemble des installations et de le mettre en œuvre selon les priorités définies; - Instituer, dans les meilleurs délais, des procédures officielles d’isolation, d’assurance et de remise en service des différents réseaux électriques, précisant les responsabilités, les étapes d’assurance et de vérification, ainsi que les conditions de remise sous tension et le suivi des opérations; - Déléguer la gestion des projets d’investissement structurels de Somelec à une autorité spécialisée, juridiquement distincte des unités d’exploitation courante, dotée des compétences et des moyens nécessaires pour piloter les grands projets électriques, en assurer le suivi technique et contrôler leur avancement; - Réviser le dispositif de pilotage du composant électrique du programme d’urgence et ses modalités d’exécution, afin de garantir une meilleure coordination, un contrôle renforcé et un suivi rigoureux à chaque phase du projet. **Autres recommandations** Les recommandations suivantes répondent aux points de faiblesse structurelle identifiés ou documentés lors de l’enquête.

Elles sont soumises à l’appréciation du gouvernement et ne constituent pas une conséquence directe des incendies. - Mettre en œuvre un programme prioritaire de modernisation et de mise à niveau des installations de distribution, afin d’assurer leur adéquation avec l’augmentation continue des capacités de production, en accordant une attention particulière aux réseaux de moyenne tension et à leurs équipements, et en encourager le développement d’un réseau interconnecté et harmonisé; - Faire appel, dans les meilleurs délais, à l’assistance technique d’un opérateur public de référence dans le secteur de l’électricité, afin de soutenir la société nationale d’électricité dans les domaines suivants: a) Réviser la structure organisationnelle et le schéma de gouvernance de la société, afin de clarifier les responsabilités, les fonctions et les niveaux de décision; b) Professionnaliser les processus de recrutement et de sélection des cadres et dirigeants, en adoptant des procédures ouvertes, transparentes et concurrentielles, basées sur des critères objectifs de compétence, d’expérience et d’intégrité; c) Instaurer une nouvelle politique de gestion des ressources humaines, incluant un plan pluriannuel de recrutement, de formation et de développement des compétences, ainsi que la réouverture de l’école professionnelle; d) Moderniser les procédures et les méthodes de gestion, d’exploitation et de maintenance, en les documentant, les officialisant et les diffusant, afin d’assurer le transfert durable de connaissances et de compétences au sein de la société; e) Mettre en place une approche structurée de gestion de la qualité, fondée sur l’amélioration continue des processus, des pratiques et des performances; - Clarifier et régulariser les relations financières entre l’État et la société nationale d’électricité, afin d’en garantir la transparence et la prévisibilité, notamment en traitant adéquatement la dette, en appliquant les tarifs fixés par l’autorité de régulation et, le cas échéant, en instituant un mécanisme explicite de soutien financier de l’État. Cela implique que la société nationale d’électricité réduise de façon tangible ses pertes commerciales; - Instaurer un dispositif de suivi de haut niveau de la mise en œuvre des recommandations, soutenu par un comité restreint chargé de suivre l’avancement, de statuer sur les mesures nécessaires et de rendre des rapports périodiques sur les progrès réalisés.

**Approbation et signatures** Les membres du comité d’enquête indépendant sur les incendies des postes de transformation de la société mauritanienne d’électricité (Somelec) situés à Nouakchott‑Nord et Nouakchott‑Ouest, créés par le décret du Premier ministre n° 1228/VA du 25 août 2026, approuvent ce résumé exécutif du rapport du comité. Rédigé à Nouakchott, le 6 octobre 2026 M. Othmane Mamoudou Kan, ancien ministre, président du comité M.

Sidi Mohamed Bide, inspecteur général de l’État, membre M. Othmane Tal, conseiller du président de la République, membre M. Mohamed Kouri Chein, président du Comité national de contrôle des marchés publics, membre M.

Mohamed et Yahya Bab, directeur de l’énergie à la Société nationale de l’industrie et des mines (SNIM).

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