Guinée-Bissau : le conseil militaire se dirige vers le report de l’élection présidentielle.
Les Nouvelles (Nouakchott) – La commission nationale des élections en Guinée‑Bissau et le Premier ministre du pays, jeudi, ont déclaré que « les conditions ne sont pas favorables » à l’organisation des élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre prochain, …
D'après les sources officielles, les Nouvelles (Nouakchott) – La Commission nationale électorale de Guinée-Bissau et le Premier ministre du pays ont annoncé jeudi que « les conditions ne sont pas favorables » à la tenue des élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre prochain, après leur rencontre avec le président de transition du pays, le général Horta N'tam. La vice‑présidente de la commission électorale, Vélisberta Môra Faz, a déclaré, après avoir été reçue par le président de transition, qu’elle avait informé le général N'tam que « d’un point de vue technique, les conditions ne seront pas adéquates pour organiser les élections » à la date prévue. Interrogée par un journaliste sur la possibilité de reporter ces élections, la responsable a répondu que cela « relevant des compétences du chef de la phase de transition ».
De son côté, le Premier ministre Eliadio Vieira T.F. a déclaré à la presse, après son entretien avec le général N'tam, qu’« jusqu’à ce jour, aucun parti politique ne se trouve dans des conditions idéales pour concourir aux élections », et que « les dirigeants et les organes de la plupart des partis ont vu leurs mandats électoraux expirer sans être renouvelés ». Le responsable gouvernemental a ajouté que cela constitue un indicateur selon lequel « les conditions d’organisation d’élections fiables ne sont pas disponibles », ce qui signifie que le président de transition annoncera ultérieurement le report du scrutin.
Dans les réactions à cette orientation, le Sénégal a affirmé son attachement à « un retour rapide à l’ordre constitutionnel conformément aux engagements pris dans le cadre du processus de transition » en Guinée‑Bissau, ainsi qu’aux « principes énoncés dans les chartes et documents pertinents de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ». Le Sénégal, qui préside le Conseil de l’ECOWAS, a indiqué dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères que toute modification du calendrier électoral « doit s’inscrire dans un processus consensuel, global et transparent, accompagné de garanties claires quant à la finalisation de la phase de transition dans les plus brefs délais ». Auparavant, samedi dernier, d’anciens dirigeants africains, diplomates, universitaires et acteurs de la société civile, dans une lettre ouverte à l’ECOWAS, ont appelé à une « initiative urgente » facilitant le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée‑Bissau.
Les signataires ont demandé à l’organisation d’« élaborer un calendrier politique fiable, assorti de garanties concrètes en matière de libertés publiques, de pluralisme, de participation de toutes les forces politiques, ainsi que d’indépendance et de transparence de l’administration électorale ». Ces développements interviennent après que l’ancien président Amadou Sissoko Imbalo a annoncé, quelques jours auparavant, son retour dans le pays et son intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles, ce à quoi le Conseil militaire de transition a réagi en déclarant que « les conditions sécuritaires » ne sont pas propices à son retour. Dans une mesure considérée comme une escalade, le président de transition a renvoyé mardi soir les ministres de l’Intérieur, des Ressources halieutiques et de l’Économie maritime, deux proches de l’ancien président.
Le lendemain, le général N'tam a demandé aux éléments des forces spéciales de la garde présidentielle, créés par Sissoko Imbalo après une tentative de coup d’État avortée en 2022, de « rendre leurs armes (…) volontairement » et de s’intégrer aux formations militaires existantes. Depuis le 26 novembre 2025, la Guinée‑Bissau est dirigée par des militaires qui ont renversé le président sortant Amadou Sissoko Imbalo et suspendu le processus électoral, à un moment où le pays attendait l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Le conseil militaire a organisé à la fin du mois d’août dernier un référendum constitutionnel, entraînant le passage du pays à un régime présidentiel remplaçant le système semi‑parlementaire.