Sécurité·

Les responsables des incendies des deux centrales électriques de Nouakchott seront-ils poursuivis ?

Nous étions dans le « Coalition nationale pour la lutte contre la corruption » la première entité à publier une déclaration après l’incendie des deux stations électriques à Nouakchott, et notre déclaration publiée le dimanche 23 août 2026 comprenait les six revendications suivantes : 1. Ouvrir une enquête indépendante et exhaustive sur…

AI
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D'après les sources officielles, publier un rapport détaillé à l’attention de l’opinion publique à l’issue de l’enquête, incluant ses causes, ses résultats et ses recommandations, tout en respectant les exigences légales relatives à la confidentialité de l’enquête et à la protection des informations qui, selon la loi, ne doivent pas être divulguées. 6. Mettre en œuvre les recommandations issues de l’enquête et prendre les mesures juridiques et administratives nécessaires à l’encontre de toute personne dont la responsabilité serait établie, quel que soit son poste ou son statut, et s’atteler à corriger les dysfonctionnements que l’enquête aurait mis en lumière afin d’empêcher la répétition d’incidents aussi graves.

Aujourd’hui, après la publication du rapport du comité d’enquête à l’intention de l’opinion publique nationale, cinq de ces six revendications ont été pleinement réalisées. Il ne reste plus que la sixième, que nous espérons voir mise en œuvre à compter de ce vendredi 9 octobre 2026. Si cette revendication est effectivement appliquée, comme nous l’attendons et le souhaitons, le dossier des incendies des postes électriques constituera le véritable point de départ d’une guerre sérieuse contre la corruption, et il confirmera qu’aucun individu n’est au‑dessus de la reddition de comptes, quel que soit son poste ou son statut.

En revanche, si la reddition de comptes échoue, Dieu ne le veuille, les cinq revendications déjà accomplies seront vaines au final, et la vieille question nouvelle restera posée: à quoi sert une enquête et la mise en évidence des dysfonctionnements si elles ne s’accompagnent pas des sanctions nécessaires? Pourquoi espérer la mise en œuvre de la sixième revendication? Notre optimisme ne repose pas sur un simple vœu, mais sur des positions et des engagements clairs déjà annoncés par Son Excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à commencer par: 1.

Un engagement explicite de lutte contre la corruption dans son message de candidature à un second mandat. Dans le texte de sa candidature publié le mercredi 24 avril 2024, le Président a déclaré: « Nous frapperons d’une main de fer et affronterons avec force et sévérité toutes les pratiques de corruption, de pot‑de‑vin et de détournement des deniers publics ». 2.

La confirmation qu’aucun n’est au‑dessus de la responsabilité. Lors de l’ouverture de sa campagne électorale le 14 juin 2024, le Président a affirmé: « Il n’y aura aucune place parmi nous pour quiconque persiste à tendre la main aux deniers publics, quel qu’il soit, et aucune considération ne sera accordée à cet égard ». Il a répété cet engagement tout au long de sa campagne, faisant de cette promesse l’un des piliers de son programme.

3. Le renouvellement de cet engagement après sa victoire électorale. Ce n’est pas resté à la simple sollicitation des voix; le Président l’a réaffirmé dans son discours d’investiture, le 1 août 2024, en déclarant: « La guerre contre la corruption, le pot‑de‑vin et la mauvaise gestion est la guerre de tous: la guerre des systèmes administratifs et judiciaires, la guerre des organes de contrôle et d’inspection, la guerre de l’élite des intellectuels, des leaders d’opinion, de la société civile, de la presse et des influenceurs sociaux.

Aucun succès décisif ne pourra être obtenu dans cette guerre sans la mobilisation de tous ». 4. Enfin, ce qui nous rend également confiants quant à la réalisation de la sixième revendication, c’est que le Président, qui a décidé de créer une commission d’enquête sur les circonstances des deux incendies et a exigé la publication des résultats devant l’opinion publique nationale, a ainsi posé deux étapes essentielles dans le processus de révélation de la vérité.

Nous estimons que la poursuite de ce processus implique la mise en œuvre des recommandations de la commission et la prise des mesures juridiques à l’encontre de toutes les irrégularités révélées par le rapport. Si la création de la commission d’enquête n’avait servi qu’à surmonter la crise des incendies sans en dévoiler les causes, le Président n’aurait pas insisté pour la formation de cette commission ni ordonné la diffusion de ses conclusions à l’ensemble de la nation. Nous, au sein du Coalition nationale pour la lutte contre la corruption, sommes optimistes quant aux avancées déjà réalisées dans ce dossier, mais nous attendons toujours la mise en œuvre de la sixième revendication inscrite dans le communiqué du dimanche 23 août 2026.

Nous avions réclamé une enquête alors que la vérité était inconnue, et aujourd’hui nous réclamons la poursuite du processus jusqu’à son terme. La lutte contre la corruption ne se résout pas par la simple déclaration de guerre contre la corruption, ni par la mise en évidence des dysfonctionnements, mais par l’application du droit à tous les acteurs de la corruption, sans exception ni sélectivité. C’est le véritable test que nous attendons de la procédure du dossier des incendies des postes électriques.

Que Dieu protège la Mauritanie…

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