Mauritanie et l’intégration dans la région du Maghreb
Après la Seconde Guerre mondiale, le monde a connu d’importants développements économiques qui ont poussé les pays à se tourner vers les blocs régionaux, bilatéraux, sous‑régionaux et régionaux, afin de surmonter leurs difficultés internes de manière collective, à travers…

Il ressort que après la Seconde Guerre mondiale, le monde a connu d’importants développements économiques qui ont poussé les États à se tourner vers des blocs régionaux, bilatéraux, sous‑régionaux et régionaux, afin de surmonter collectivement leurs difficultés internes en regroupant leurs ressources et en unifiant leurs efforts. L’Union européenne est le premier et le plus important bloc économique régional au monde. Au cours des trois dernières décennies, le rythme des efforts d’intégration entre les pays s’est accéléré, avec l’émergence de nombreux blocs régionaux en Asie, en Amérique et en Afrique.
Dans ce contexte, face aux défis imposés par les nouvelles réalités internationales fondées sur la concurrence, l’Union du Maghreb arabe a été créée en février 1989. La création de ce bloc est devenue une nécessité urgente qui ne pouvait être reportée, à un moment où d’autres blocs renforçaient leur unité et leur intégration. L’objectif de ce bloc était d’atténuer les pressions exercées par diverses organisations internationales sur chacun de nos pays.
Il ne fait aucun doute que la question de l’intégration dans la région du Maghreb arabe revêt une importance capitale, puisqu’elle constitue l’un des principaux objectifs visant à consolider la stabilité régionale, stabilité qui, à son tour, garantirait un minimum d’intégration politique, économique, sécuritaire et culturelle, en tant qu’étape essentielle vers un développement global et une maturité démocratique. Cependant, l’Union du Maghreb arabe a souffert, depuis sa création, de lacunes et d’obstacles qui ont entravé son avancement. Ces difficultés ont commencé avec l’intervention de l’Algérie dans le conflit du Sahara occidental, puis se sont poursuivies à travers une série de crises et de problèmes, générant le défi de concilier la volonté des États membres de réaliser l’intégration économique avec les divergences de leurs systèmes de gouvernance, ainsi que la restriction de la libre circulation des personnes et des capitaux entre ces pays, liberté qui constitue un principe fondamental pour atteindre l’intégration souhaitée.
Perspectives de l’économie de notre pays dans le cadre de l’Union du Maghreb arabe L’adhésion de notre pays à l’Union du Maghreb arabe aurait des effets positifs sur notre économie. Ce bloc améliorerait notre position dans le commerce extérieur avec les pays européens, notamment dans les secteurs du gaz naturel et de l’agriculture, et garantirait notre bénéfice des projets économiques communs, ainsi que la contribution au développement des zones frontalières, grâce à la sécurisation de nos frontières et à l’élimination du commerce informel transfrontalier (marché parallèle). De plus, rejoindre l’Union du Maghreb arabe permettrait à notre pays de jouer un rôle de premier plan et d’influence sur les scènes arabe et africaine, grâce à sa position géographique stratégique et à ses ressources matérielles et humaines.
C’est pourquoi je considère que cette intégration est désormais indispensable face aux multiples transformations que connaît le monde, les risques émergents étant devenus si importants qu’aucun État ne peut les affronter seul. Néanmoins, l’Union du Maghreb arabe est restée politiquement faible depuis sa création, en raison des difficultés qu’elle rencontre, et économiquement fragile du fait de l’absence d’institutions adéquates. Cela s’explique par le faible volume des échanges commerciaux entre les pays du Maghreb arabe (Algérie, Maroc, Mauritanie, Tunisie et Libye).
En 2010, ces échanges ne représentaient que 9 % du commerce total, contre 70 % avec l’Union européenne, 18,3 % avec l’Association des nations de l’Asie du Sud‑Est et 21 % avec le marché commun d’Amérique du Sud. À titre de comparaison, l’Union Afrique‑Malaisie joue, par exemple, un rôle important dans le rééquilibrage des relations économiques et politiques communes avec le reste du monde, notamment dans le cadre du partenariat avec l’Union européenne, contribuant ainsi à la stabilité régionale et à l’élargissement du marché grâce à la promotion des investissements directs étrangers. L’adhésion de notre pays à l’Union Afrique‑Malaisie n’aurait aucun impact sur son économie, car ce bloc n’est pas encore pleinement opérationnel.
L’intégration est‑elle la seule alternative viable? L’intégration économique maghrébine constitue la principale alternative pour faire face aux blocs internationaux. Malgré les difficultés et les obstacles qui entravent sa réalisation et son approfondissement, compte tenu des ressources dont disposent les pays de l’Union du Maghreb arabe, elle représente un moyen de contrer les risques qui les entourent.
C’est précisément cet objectif qui a poussé ces États à vouloir être précurseurs dans la création d’un bloc politique et économique arabe. L’expérience mondiale, largement démontrée depuis, montre qu’aucun pays ne peut atteindre ses objectifs seul, surtout en matière de développement économique; la coopération et l’intégration régionales sont donc essentielles. Propositions Cet intégration économique dans la région du Maghreb arabe n’a pas atteint l’objectif recherché, en raison de divers facteurs, parmi lesquels la faiblesse de la volonté politique de certains dirigeants et les différends persistants entre le Maroc et l’Algérie.
Aujourd’hui, il faut avancer avec détermination. Voici ce que je propose: - Créer des organes et des blocs maghrébins spécialisés pour coordonner les visions économiques, analyser les forces et faiblesses de l’Union du Maghreb arabe et accélérer la mise en place d’une zone de libre‑échange. - Garantir la coordination entre les États membres et leurs institutions afin d’assurer la réalisation des intérêts communs, soutenir le développement et dynamiser la coopération entre nos pays.
- Renforcer le rôle de l’Union dans le commerce. - Résoudre les conflits régionaux, qu’ils soient économiques ou politiques. - Lever les obstacles à la libre circulation des capitaux et des investisseurs arabes.
- Créer un véritable marché arabe commun. - Améliorer la qualité des produits pour les rendre compétitifs face aux autres, notamment européens. - Développer les infrastructures.
- Simplifier les procédures douanières. - Réduire les délais de traitement des demandes d’investissement.