Le festival d’Osila célèbre l’expérience littéraire et intellectuelle de l’écrivain marocain Mubarak Rabiâ.
Le festival international culturel d’Osila a célébré l’expérience littéraire et intellectuelle de l’écrivain et romancier marocain Mubarak Rabiâ, à travers une rencontre consacrée à l’examen de son parcours créatif et de recherche s’étalant sur plus de cinq décennies, et à la présentation d’un ouvrage collectif qui…

Il ressort que le festival international « Saison culturelle d’Osila » a célébré l’expérience littéraire et intellectuelle de l’écrivain et romancier marocain Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à travers une rencontre dédiée à l’examen de son parcours créatif et de recherche s’étalant sur plus de cinq décennies, ainsi qu’à la présentation d’un ouvrage collectif abordant les différentes facettes de son œuvre narrative et ses contributions à l’étude de la société marocaine. La rencontre a été marquée par la remise d’un livre intitulé « Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani… une vie au service de l’écriture », avec la participation d’une vingtaine de chercheurs, universitaires et auteurs, qui, dans leurs études et témoignages, ont analysé son œuvre romanesque et nouvelle, leurs dimensions artistiques et intellectuelles, ainsi que leurs liens avec les transformations sociales et culturelles du Maroc. Le secrétaire général du Forum d’Osila, Hatim El Batoui, a remis au lauréat le « Bouclier de la créativité et de l’excellence », soulignant la diversité des domaines de son apport culturel et sa présence continue sur la scène littéraire marocaine, ainsi que son lien avec la Saison d’Osila depuis son lancement à la fin des années soixante‑dix.
De son côté, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a exprimé sa gratitude pour cet hommage, considérant que la publication de l’ouvrage collectif constitue une initiative de référence pour appréhender son expérience narrative et de recherche. Il a précisé que le titre du livre résume son parcours créatif et scientifique, qui a fait de l’écriture un vecteur d’élévation spirituelle et d’immersion existentielle, ajoutant que la critique représente, à son tour, une forme de « seconde écriture ». Dans la continuité de l’expérience et à la lumière du contenu du livre, le journaliste et auteur Abdel‑Ilah Al‑Tahani, coordinateur des études et témoignages présentés, a placé Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani parmi les générations fondatrices du roman marocain, s’appuyant sur plus de cinquante ans d’activité littéraire et sa présence constante sur la scène culturelle à travers les différentes étapes de l’évolution de la narration.
Il a lié la spécificité de l’expérience de l’écrivain à la réalité marocaine et aux détails du quotidien, tout en soulignant son engagement dans les transformations historiques, sociales et les enjeux humains. Il a également évoqué son parcours académique en psychologie sociale, estimant que la combinaison du savoir scientifique et de l’imaginaire littéraire a façonné les contours de son œuvre, notamment dans la construction des personnages et l’exploration de leurs mondes psychiques. Al‑Tahani a également mis en avant les contributions de recherche de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui ont élargi son champ d’action aux études des phénomènes sociaux et à leur diagnostic, en complément de son écriture romanesque et nouvelle.
Il a souligné le rôle de ces travaux dans la compréhension des mutations de la société, ainsi que les questions qu’ils soulèvent concernant la formation de l’individu, la conscience collective et le système de valeurs. De son côté, le critique littéraire Abdel‑Fattah Al‑Hajmari a examiné le rapport entre le récit de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et la réalité marocaine, estimant que son expérience dépasse la simple transmission d’événements et la création d’univers imaginaires pour explorer les transformations qui touchent la société et les individus. Il a indiqué que les œuvres de l’auteur du roman « Notre Destin » puisent largement leurs éléments dans le contexte marocain, incluant les détails de la vie villageoise et urbaine, les relations familiales et les expériences des marges sociales.
Il a ajouté que les personnages ne se limitent pas à représenter des destins individuels, mais reflètent également les changements collectifs et leurs contradictions, ainsi que l’impact du glissement social sur la conscience, le langage et les relations humaines. Le romancier et critique Chouaib Halifi a abordé les courants culturels et sociaux présents dans l’œuvre narrative de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, en soulignant leur rôle dans la formation de la structure artistique et sémantique de ses textes. Il a expliqué que le roman, dans l’expérience de l’auteur, ne se contente pas de retranscrire la réalité marocaine, mais la reconstruit dans un espace symbolique où langue, récit et mémoire interagissent, permettant une approche des représentations du peuple et du monde qui l’entoure.
Il a affirmé que la lecture de cet ouvrage nécessite de le relier à son contexte culturel et à la conscience de son auteur quant au lien entre écriture et transformations sociales, précisant que la fiction romanesque peut devenir un moyen de révéler la réalité et de reformuler ses significations. Il a également souligné la présence des coutumes, de la langue quotidienne, de la mémoire locale et de la littérature populaire dans les textes de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, comme éléments contribuant à façonner la conscience des personnages et à orienter leur regard vers les questions du destin, du pouvoir et de l’« autre ». Dans le même registre, la critique et universitaire Zahour Karam a mis en avant l’importance de l’imaginaire littéraire pour appréhender la psyché humaine, considérant que l’expérience de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a permis de créer un espace narratif attentif à la structure psychologique des personnages, sans se limiter à la simple chronologie des faits.
Elle a indiqué que le parcours créatif de l’écrivain, s’étendant du roman « Les Bons » publié en 1972 au roman « Distances d’amour » publié en 2024, a enrichi le patrimoine du roman et de la nouvelle marocains, ouvrant de multiples perspectives d’imagination et d’interprétation au sein du paysage culturel national. Elle a également noté la présence de ses œuvres dans le système éducatif marocain, estimant que la diffusion de ses textes auprès de générations successives de lecteurs constitue l’une des manifestations de l’étendue de son influence culturelle. En somme, le parcours littéraire de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani réunit écriture romanesque, nouvelles et recherche académique, avec un intérêt constant pour l’homme marocain et les mutations de son environnement social et culturel.
La rencontre, à travers la présentation du livre collectif et les témoignages critiques qui l’accompagnent, a permis d’exposer les différentes facettes de cette expérience et de discuter de leurs liens avec la réalité, la mémoire et la structure psychologique des personnages, dans le cadre du programme de la Saison culturelle internationale d’Osila.