« Des grandes transactions à un développement plus équitable et durable ».
Avec le lancement du processus démocratique en Mauritanie à la fin du siècle dernier, le pays est entré dans une nouvelle phase de transformations politiques, économiques et sociales, coïncidant avec un afflux croissant de financements extérieurs et l'expansion de l'intervention de l'État dans…

Il ressort que la Mauritanie a aujourd’hui besoin de construire une classe moyenne étendue qui ne se limite pas aux fonctionnaires et aux personnes aux revenus fixes, mais qui comprend des professionnels dotés d’initiatives indépendantes petites et moyennes dans divers secteurs. Cette classe se caractérise par sa capacité à transformer connaissances, expertise et capital limité en activités économiques durables, générant des emplois bien supérieurs à ceux produits par les grandes usines. La création d’une classe moyenne productive contribue à renforcer la stabilité sociale, car elle offre aux individus des trajectoires réelles d’ascension économique et sociale fondées sur la compétence, l’initiative et le travail, plutôt que de dépendre essentiellement de la fonction publique, des relations personnelles ou de la proximité des centres de pouvoir.
Corriger les déséquilibres majeurs dans la répartition de la richesse découlant d’une politique de concentration des dépenses publiques dans de gros marchés nécessite de réorienter la politique de développement vers une distribution plus large des opportunités, sans compromettre les projets majeurs qui exigent précision et investissements importants, c’est‑à‑dire équilibrer les investissements stratégiques et les programmes de développement de taille moyenne et petite. Ce modèle peut s’appuyer sur un ensemble de mesures, parmi lesquelles: 1. **Allouer des programmes d’investissement aux projets de petite et moyenne taille**: les plans sectoriels annuels de l’État doivent inclure des programmes clairs pour les projets pouvant être réalisés par des petites et moyennes entreprises, au lieu de les cantonner à de gros lots.
2. **Réformer les mécanismes d’attribution des marchés publics**: cette réforme doit revoir les critères administratifs, financiers et techniques qui excluent parfois les petites structures sans justification objective, tout en préservant les principes d’intégrité et de qualité d’exécution. Parmi les outils possibles, on peut fractionner certains projets en lots adaptés aux capacités des petites et moyennes entreprises, et adopter des critères de qualification gradués selon la taille, le risque et la garantie d’égalité des chances entre les concurrents.
3. **Faciliter le financement des petites et moyennes entreprises**: les PME souffrent souvent de difficultés d’accès aux financements, de garanties exigées et de longs délais entre l’exécution des travaux et le paiement des factures. Il convient donc de mettre en place une réforme qui traite ces problèmes.
Les enjeux fondamentaux pour notre pays ne résident pas seulement dans la façon d’augmenter le volume des investissements, mais surtout dans la manière de faire de ces investissements un levier pour élargir la base de participation à la création de richesse et transformer les ressources publiques en véritables opportunités d’emploi, de stabilité et de mobilité sociale.