Mauritanie : la carte de séjour, un sésame qui se fait attendre
Obligatoire depuis 2022, le titre de séjour est devenu la clé de l’emploi, de la mobilité et de la tranquillité des migrants. Mais entre guichets saturés et délais de plusieurs mois, la...

Selon les dernières informations, la campagne de régularisation menée de juillet à novembre 2022 a changé la donne: demande gratuite pour les migrants en situation irrégulière, et, selon le gouvernement, nombre de pièces réduit pour encourager les démarches. Les autorités affirment avoir régularisé plus de 136 000 étrangers de 85 nationalités depuis cette date. Une autre évaluation officielle évoque près de 147 000 personnes pour la seule campagne de 2022.
Aujourd’hui, la difficulté a changé de nature. Elle n’est plus d’abord financière, mais opérationnelle: des délais de trois à quatre mois et un dépôt concentré sur une seule journée par semaine. Deux régimes, peu de repères Il faut distinguer la campagne exceptionnelle de 2022, plus souple et gratuite, du régime courant de délivrance et de renouvellement.
Pour ce dernier, le portail national indique « non spécifié » à la ligne des taxes. Pour une autre procédure de titre sécurisé, il affiche 40 euros pour les ressortissants de pays arabes et africains et 55 euros pour les autres. Faute de confirmation officielle, ce tarif ne saurait être présenté comme celui de la carte de séjour.
Ce que répond le gouvernement Les autorités défendent une politique visant à encadrer la migration par des voies légales, menée, disent-elles, « dans un esprit de respect de la dignité humaine et de sécurité juridique ». Le ministre délégué a annoncé l’ouverture de 29 nouveaux points de passage frontaliers, portant leur total à 82, afin de réduire les passages informels et de favoriser les entrées légales. Face aux critiques sur les expulsions, le gouvernement rappelle que la régularisation de 2022 avait concerné environ 130 000 migrants, qui devaient ensuite renouveler leur situation légale.
Il rejette les accusations d’expulsions brutales formulées par plusieurs ONG. L’épreuve du régime permanent La politique de régularisation a incontestablement élargi l’accès formel à la carte. Mais le passage d’une opération exceptionnelle à un régime permanent met à nu les limites de la capacité administrative.
Pour les travailleurs informels, le titre est à la fois un bouclier contre l’insécurité et un document difficile à obtenir vite. Tant que délais et capacités de traitement ne suivront pas la demande, une partie d’entre eux resteront dans une vulnérabilité persistante. Rédaction Rapide Info