La bataille de l'identité et de l'unité nationale
Autrefois, l’arabe était la langue du savoir, de la culture et de la connaissance religieuse par excellence, mais elle a subi, en Mauritanie comme dans le reste des pays de la région, les effets de la colonisation. Aujourd’hui, elle fait l’objet de tentatives de marginalisation de la part d’une partie de…

Il ressort que la Mauritanie ne peut pas poursuivre cette dualité, alors que la Constitution prévoit une seule langue officielle, tandis que certaines sphères de la vie publique et les services administratifs fonctionnent dans une autre langue. Cette incohérence affaiblit la place de l’arabe et creuse le fossé entre le texte constitutionnel et la pratique réelle. Il convient donc que l’arabe devienne la langue de travail principale dans les administrations et les institutions nationales.
Cela ne signifie pas que l’arabe doive devenir un outil d’exclusion ou que les citoyens qui ne le maîtrisent pas soient privés de leurs droits ou de leurs opportunités. La responsabilité de l’État consiste à mettre en place des programmes d’enseignement de l’arabe, à offrir un accompagnement linguistique lorsque nécessaire, et à instaurer des mesures transitoires garantissant l’accès de tous aux services publics, tout en protégeant leurs droits linguistiques et culturels. L’objectif est d’unifier l’espace public et de renforcer la citoyenneté égale, et non de créer de nouvelles barrières entre les composantes du peuple.
Dans les cas extrêmes, le français ou l’anglais peuvent être admis comme langues de travail aux côtés de l’arabe, mais il n’y a aucune justification à leur conférer le statut de langues officielles, ni à les qualifier de langues nationales. **Renforcer l’arabe, une responsabilité nationale** Incarner notre indépendance et protéger notre culture nationale imposent de renforcer la place de l’arabe dans l’espace public et d’en garantir l’usage effectif dans les institutions de l’État. L’expérience algérienne dans ce domaine peut servir d’inspiration.
L’expérience marocaine, quant à elle, montre l’importance de reconnaître et de promouvoir la diversité linguistique nationale, tout en tenant compte du contexte mauritanien. Il faut donc obliger les administrations et les entreprises publiques – comme la société d’électricité, la société des eaux, la Caisse nationale de sécurité sociale et la Caisse d’assurance maladie – à utiliser l’arabe dans tous leurs documents et correspondances, et à n’ajouter le français que si elles y tiennent absolument, ce qui constitue le minimum de respect des responsables envers leurs concitoyens. Dans le secteur privé, il faut au moins imposer la présence de l’arabe dans les restaurants, les ordonnances médicales, les panneaux et les façades des commerces.
Enfin, nous soutenons la présence du français et de l’anglais comme langues étrangères, mais pas comme alternatives à l’arabe. L’arabe est la langue officielle du pays; s’y attacher relève de l’indépendance et de la revendication de notre héritage national. En même temps, le respect de la diversité culturelle et linguistique exige de travailler à la reconnaissance des autres langues nationales et à leur promotion dans l’éducation et la vie publique, afin d’en assurer la préservation, le développement et l’égalité entre toutes les composantes du peuple mauritanien.
Nous appelons à une approche nationale équilibrée, qui consolide la place de l’arabe en tant que langue officielle et langue de travail principale, tout en accordant aux autres langues nationales la reconnaissance qu’elles méritent, loin de toute exclusion ou marginalisation. Pour rappel, l’arabe n’est pas la propriété d’une catégorie de la population mauritanienne. C’est l’une des langues mondiales les plus répandues, utilisée par de nombreux non‑Arabes, et, en ce sens, elle fait partie de notre patrimoine commun et de notre héritage civilisé.
Il ne faut en aucun cas la considérer comme un bien exclusif d’un groupe quelconque de notre peuple.