Politique·

Forum des communautés 2026 : rappel du réalisé et proposition de ce qui est attendu

Le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a inscrit dans son programme électoral pour le second mandat présidentiel « un engagement » à organiser un forum des représentants des communautés mauritaniennes à l’étranger, en accord avec « son ambition » de profiter à tous les Mauritaniens…

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D'après les sources officielles, le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a inscrit dans son programme électoral pour son second mandat présidentiel « l’engagement » d’organiser un forum des représentants des communautés mauritaniennes à l’étranger, en adéquation avec son « ambition » de faire bénéficier tous les Mauritaniens, résidents ou migrants, du projet de développement que les Mauritaniens – élus – ont financé par leur vote. Fidèle à cet engagement, le ministère chargé des Mauritaniens à l’étranger a préparé le forum de façon participative, tant sur la forme que sur le fond. Des rencontres directes ont ainsi eu lieu avec de nombreux représentants des communautés dans leurs lieux de résidence, et les moyens numériques ont offert des possibilités de communication et de réception des avis des migrants concernant le forum.

J’en profite donc pour féliciter le ministère des Affaires étrangères pour l’effort consenti dans l’organisation d’une participation exemplaire à cet événement fondateur, le premier du genre, en reconnaissant que toute création comporte des difficultés, des défis et des marges d’observations légitimes. Le forum se tiendra les 29, 30 et 31 octobre prochains et constituera une occasion d’étudier les meilleures voies pour rehausser le statut des communautés dans leurs pays d’accueil, renforcer leurs liens avec la patrie et présenter, sans doute, des dossiers comparant les expériences de gouvernance des communautés de pays similaires au nôtre. La session « rencontre des experts de la diaspora » permettra d’explorer les compétences scientifiques résidant à l’étranger et de favoriser davantage les échanges entre eux.

En rappelant le rôle attendu du diplomate en général et du « diplomate praticien » en particulier dans la « fabrication de l’opinion » et l’interaction avec tout ce qui relève de ses compétences, conformément aux « plafonds des lois et aux bonnes traditions », je tenterai, à travers ces quelques lignes, de mettre en lumière les réalisations au profit des Mauritaniens à l’étranger au cours des dernières années (première partie) et d’esquisser les perspectives attendues de la première édition du Forum des Mauritaniens à l’étranger (deuxième partie). **Première partie: principaux accomplissements au profit des Mauritaniens à l’étranger ces dernières années** - **Stabilisation de l’institutionnalisation de la gestion du dossier des Mauritaniens à l’étranger**: sous la direction du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, les années passées ont vu une stabilisation de l’importance accordée aux Mauritaniens à l’étranger, le terme « Mauritaniens à l’étranger » étant maintenu dans la dénomination officielle du secteur et, à divers moments, élevé au rang de ministère délégué ou de direction générale. Cette continuité dans la dénomination officielle témoigne de l’attention portée à cette catégorie, ce qui est d’autant plus pertinent compte tenu du nombre approximatif de Mauritaniens à l’étranger, estimé à 10 % de la population totale, dont la majorité constitue la main‑d’œuvre génératrice de transferts monétaires vers le pays.

- **Régularisation de la double nationalité**: un atout majeur pour les communautés à l’étranger et pour le pays, qui aurait pu perdre le lien avec certains de ses citoyens simplement parce qu’ils ont acquis la nationalité d’un autre État. Cette mesure doit être considérée comme une contribution qui a aidé de nombreux pays à accélérer leur modèle de développement. - **Numérisation de la délivrance des documents d’état civil**: un gain considérable pour les diasporas, notamment grâce à la plateforme « Houti », qui a simplifié et économisé du temps et de l’argent aux résidents à l’étranger.

De nombreux étrangers ont d’ailleurs salué cette initiative, qui a placé le pays en avance numérique par rapport à plusieurs États de la région. - **« Vigilance sage » et réponse rapide aux résidents des zones de conflits armés**: les dernières années se sont distinguées par une « vigilance sage » envers les Mauritaniens vivant dans des pays ou des régions où des conflits armés éclatent ou s’intensifient. Cette vigilance se traduit par des interventions rapides pour protéger les citoyens, les évacuer ou les réintégrer au pays lorsque cela s’avère nécessaire, tout en évitant le populisme et en incitant les citoyens à éviter les zones de tension, en tenant compte des circonstances exceptionnelles que traversent certaines nations de la région.

- **Extension de la « carte diplomatique et consulaire » à l’étranger**: cela se manifeste par la création de missions diplomatiques et consulaires, notamment l’ouverture d’une ambassade au Canada, d’une ambassade en Corée du Sud et d’un consulat général à Casablanca, afin de renforcer les services diplomatiques et consulaires. - **Vote direct des députés représentant les communautés à l’étranger à l’Assemblée nationale**: il s’agit sans doute du bénéfice le plus notable pour les diasporas, qui étaient auparavant représentées de façon indirecte par l’Assemblée nationale. Par le passé, certains députés élus pour représenter l’étranger ne connaissaient pas réellement la migration et n’avaient voyagé à l’étranger que pour de courtes missions officielles.

- **Institutionnalisation de la rencontre du président de la République avec les représentants des communautés lors de chaque visite officielle dans un pays où résident des Mauritaniens**: le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a instauré, dès la première année de son mandat, la tradition de rencontrer les représentants des communautés locales lors de ses visites officielles, offrant ainsi une occasion de désamorcer les tensions, de régler les griefs et d’écouter les préoccupations et les aspirations des résidents à l’étranger. **Deuxième partie: quelques perspectives attendues du Forum des communautés** L’espoir repose sur les participants, experts des « affaires communautaires », capables de diagnostiquer précisément la situation et de proposer des mesures globales, à la fois ambitieuses et réalisables, pour rehausser le statut de nos communautés à l’étranger. Le forum devrait aboutir aux résumés suivants: - **Proposition d’étude sur l’augmentation du nombre de députés représentant les communautés à l’Assemblée nationale**: les Mauritaniens résidant à l’étranger sont estimés à 500 000.

Le calcul actuel prévoit un député pour 30 000 habitants. Il serait donc envisageable d’établir une règle de un député pour 60 000 Mauritaniens à l’étranger, ce qui porterait le nombre de députés de la diaspora à 8 ou 10, alliant équité et meilleure prise en compte des préoccupations des Mauritaniens de l’étranger. - **Création d’un « Observatoire national des communautés »**: les pays varient dans le degré d’attention accordée à leurs ressortissants à l’étranger selon le « cadre organisationnel ».

La proposition la plus probable serait de créer un observatoire regroupant des personnalités de référence reconnues pour leur compétence, leur expérience et leur intégrité. - **Proposition d’une révision exceptionnelle du registre de la population au profit des communautés mauritaniennes à l’étranger**: malgré les efforts louables de l’Office national de la statistique et des documents sécurisés, certaines communautés ont encore besoin d’envois de l’office pour recenser les Mauritaniens qui n’ont pas pu s’inscrire auparavant au registre national sécurisé. - **Mise en place d’un mécanisme accélérant l’ouverture de l’Université de Nouakchott « enseignement à distance »**: afin de permettre aux membres des communautés de poursuivre leurs études universitaires à distance, notamment ceux qui sont freinés par des contraintes matérielles ou sociales les empêchant de suivre un enseignement présentiel.

- **Création de réseaux – dans le respect des législations des pays de double nationalité – entre les Mauritaniens détenteurs d’une autre nationalité, afin de renforcer les relations bilatérales entre la Mauritanie et les États dont ils sont citoyens**. - **Élaboration d’un registre spécial des Mauritaniens de la diaspora reconnus pour leurs contributions scientifiques, professionnelles, artistiques ou d’influence**; leur mise en relation avec leurs homologues résidant dans le pays, afin de générer des retombées bénéfiques pour la patrie et les citoyens. - **Mise en place d’un dispositif favorisant l’accès des Mauritaniens (esprits et mains) aux opportunités d’emploi au sein des organisations internationales et régionales, ainsi qu’aux marchés du travail des pays qui recrutent des ressources humaines étrangères**.

De nombreux pays disposent d’expériences institutionnelles pouvant être adaptées, en soulignant que l’adaptation est bénéfique tandis que le simple « copier‑coller » est préjudiciable.

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