Des larmes sur le gradin des lettres, quand le président de l’université Mohamed Sadek a embrassé l’âme du poète en sang / écrit par le Prof. Dr Karim Faraman
Prof. Dr. Karim Ferhan / écrivain académique irakien et professeur de droit et de systèmes politiques à l’Université des Deux Frères. Afran, Maroc. Autrefois, le plus beau souvenir qui reste gravé dans ma mémoire du parfum de ce « beau temps », et quelle merveilleuse cette confiance humaine et émotionnelle qui…

D'après les sources officielles, le Dr Mohammed Sadiq, ce mont académique inébranlable, ne put contenir son orgueil face à ce torrent de sincérité émotionnelle. Je vis l’émotion briser la rigidité de ses traits, et je vis les larmes dans ses yeux. D’un geste paternel et humain majestueux, le président de l’université, à la sortie de la scène de Talal, s’inclina pour embrasser cet étudiant en pleurs, sanctifiant ainsi la vérité du sentiment et la douleur de la séparation.
Ce baiser fut une reconnaissance de la génération des aînés à la pureté des émotions de la jeune génération, et la preuve que l’université à cette époque n’était pas seulement des murs et des programmes, mais un refuge d’humanité et d’esprit. Talal poursuivit son poème, et le silence enveloppa l’endroit: « Les langues timides et ignorantes… Le charme des langues et la logique des orateurs… Parfois le poème me console, parfois je me tourne vers les amoureux parmi mes camarades… Ne te précipite pas aux larmes, prends ton temps… tu te rassasieras de larmes, et… » « Ne me rejette pas, ne crains pas le baiser du bien‑aimé… » Puis il se tut un instant pour dire que les poètes peuvent…! Peut‑être qu’obtenir le baiser des lèvres de son aimée était le summum du désir à une époque où la pudeur était une réalité et la modestie le vêtement de tous.
Où en sommes‑nous aujourd’hui de ce « temps magnifique »? Où en sommes‑nous d’une histoire d’amour qui dure quatre ans sans entacher la pudeur de la société ni trahir la pureté virginale? Où en sommes‑nous d’un président d’université qui voit dans la douleur de son étudiant une humanité digne d’honneur et de baiser, et non de réprimande?
Ce n’était pas seulement l’histoire d’un étudiant, d’une amante et d’un adieu aux partants; c’était le reflet d’un Irak débordant de bienveillance, d’amour et d’amitié sincère entre les étudiants. Cet été s’est écoulé, l’amante est partie, les camarades se sont dispersés aux quatre coins du pays, mais ces vers et ce baiser du Dr Al‑Mushat restent un témoignage vivant que nous avons vécu, un jour, dans un temps où l’amour était grand, les cœurs verts, et la fidélité une religion à laquelle les amoureux et les orateurs rendaient hommage. J’espère que cet article a transmis avec précision le souvenir de ces nobles émotions humaines que j’ai vécues moi‑même à cette époque où l’Irak était, dans tous ses détails, doux et magnifique, alors que aujourd’hui la tristesse m’envahit et que je vois ma patrie brisée et meurtrie.