Dakar élargit ses consultations avec les forces politiques et civiles à Bissau au milieu d’un ralentissement du processus électoral.
(Le Sada – Dakar) – Le Sénégal a intensifié ses efforts de médiation politique en Guinée-Bissau, à travers des consultations avec les autorités de transition, les représentants des partis politiques et la société civile, afin de rechercher une issue pacifique à la crise politique et institutionnelle qui sévit dans le pays.

D'après les sources officielles, ces démarches s’inscrivent dans le cadre de la mission confiée à Dakar par le groupe économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS), alors que le processus électoral est en difficulté et que les défis liés à la fin de la période de transition s’accentuent. Selon le quotidien Dakar News du 27 octobre 2026, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’étranger, Cheikh Nianang, a mené une mission officielle en Guinée-Bissau, centrée sur des consultations élargies avec les différentes parties concernées et l’écoute de leurs positions quant aux voies de sortie de la crise. Des consultations visant à rapprocher les points de vue ont été menées, et le ministère des Affaires étrangères du Sénégal a indiqué que les rencontres ont porté sur l’évolution de la situation politique et institutionnelle en Guinée-Bissau, les étapes du processus de transition, leurs mécanismes et leur durée, ainsi que les difficultés rencontrées et les solutions proposées pour les surmonter.
Elles ont également abordé les attentes des acteurs politiques et sociaux quant au rôle de l’ECOWAS et de la communauté internationale dans le soutien aux efforts de règlement, en insistant sur l’écoute des représentants des partis politiques et des organisations de la société civile, considérés comme des parties essentielles à tout processus consensuel de résolution de la crise. Cette approche vise à identifier les points de convergence entre les différentes positions, à recenser les questions qui nécessitent encore davantage de dialogue, afin de préparer des options politiques consensuelles qui contribuent au rétablissement de la stabilité institutionnelle et à éviter l’élargissement des tensions. Dakar a réaffirmé, dans le cadre de sa mission régionale, sa volonté de poursuivre les consultations dans un esprit de neutralité et de responsabilité, et de travailler à une solution politique pacifique et globale qui respecte la souveraineté de la Guinée-Bissau et les aspirations de son peuple.
Le report des élections place la médiation devant un test politique. Ces mouvements gagnent en importance à la lumière du retard dans l’organisation des élections présidentielles et législatives prévues le 6 décembre 2026. Les autorités de transition avaient signalé des difficultés juridiques et techniques empêchant le scrutin à la date prévue, tandis que l’opposition et les observateurs ont soulevé des questions sur les restrictions imposées à l’activité politique et leur impact sur la capacité des partis à participer aux élections.
Cette situation confronte la médiation sénégalaise à un défi: concilier les exigences de la fin de la période de transition avec la garantie de la participation de toutes les forces politiques et sociales à l’élaboration d’un accord acceptable, afin d’éviter la persistance d’une incertitude politique et institutionnelle. Dans ce contexte, il devient crucial de parvenir à des accords sur le calendrier de la transition, les garanties nécessaires à la reprise de l’activité politique, et les conditions d’organisation d’élections reconnues par les parties concernées. L’ECOWAS mise sur une solution politique.
La mission sénégalaise s’inscrit dans les efforts du groupe économique des États de l’Afrique de l’Ouest visant à rétablir l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau par le dialogue et le règlement pacifique. Le ministère des Affaires étrangères du Sénégal a précisé que les résultats des consultations et les propositions des parties participantes seront transmis aux instances compétentes de l’organisation régionale, afin d’en tirer parti pour définir les prochaines étapes de la médiation. Cette initiative reflète une volonté d’élargir le cercle du dialogue, en ne limitant pas le traitement de la crise aux seules communications avec les autorités de transition, mais en impliquant les partis politiques et les composantes de la société civile dans la discussion sur l’avenir du pays.
Cependant, le succès de la médiation restera tributaire de la disposition des parties concernées à faire des concessions mutuelles et à convenir d’un parcours clair et chronologiquement défini qui restaurera les institutions constitutionnelles et préparera les conditions d’élections consensuelles. La priorité dans la prochaine phase sera de transformer les consultations en accords concrets, garantissant le rétablissement du processus constitutionnel en Guinée-Bissau, la préservation de la stabilité, et permettant au peuple bissau‑énois de choisir ses options politiques via des institutions légitimes et des élections fiables.