Société·

De la suivi des projets de développement à la protection des compétences nationales – une priorité qui ne saurait être reportée.

Les visites de terrain que réalise de temps à autre Son Excellence le Premier ministre, M. Moctar Ould Diay, méritent toute notre reconnaissance et nos encouragements pour suivre l’avancement de la mise en œuvre de certains projets de développement essentiels dans le pays. C’est une initiative positive qui…

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El MouragebTraduit de l'arabe
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D'après les sources officielles, les visites de terrain menées de temps à autre par Son Excellence le Premier ministre, M. Moctar Ould Diay, méritent d’être saluées, afin de prendre connaissance de l’avancement de la mise en œuvre de certains projets de développement essentiels pour le pays, avec toute notre estime et notre encouragement. C’est une initiative positive que nous soutenons fermement, et nous estimons que toute personne intéressée par les affaires publiques, ainsi que tout citoyen soucieux de l’avenir de la Mauritanie, y trouve matière à soutenir et à louer.

En effet, se rendre sur le terrain, constater la réalité des réalisations et comparer les résultats obtenus à ce qui était prévu constituent des outils indispensables pour ancrer une culture de suivi et de reddition de comptes, et pour passer d’une simple production de rapports de bureau à une observation directe de la réalité. De plus, les photographies accompagnant ces visites portent deux messages clairs: le premier, d’avertissement, s’adresse aux responsables de projets en retard ou en difficulté, leur signifiant que le retard ne restera pas invisible aux yeux du contrôle et de la responsabilité. Le second, de direction, invite les ministres et les fonctionnaires à s’inspirer de cette démarche, en suivant les projets relevant de leurs secteurs, en évaluant leur avancement sur le terrain et en intervenant en temps utile pour corriger les déséquilibres.

Cependant, Son Excellence le Premier ministre, il existe un dossier aussi important que le suivi des projets, voire plus déterminant pour la continuité de l’État et l’efficacité de son action: il s’agit du dossier de la retraite collective des cadres nationaux. Le phénomène de mise à la retraite d’un nombre de personnes expérimentées, sans préparer de successeurs qualifiés pour reprendre leurs responsabilités, suscite aujourd’hui de sérieuses interrogations quant à l’avenir de certaines institutions publiques, voire de certains services vitaux au sein des ministères. Le problème ne réside pas dans la retraite elle‑même, qui est un droit légitime et la fin naturelle d’une carrière, mais dans l’absence de planification préalable pour compenser les compétences qui partent et garantir le transfert de leur savoir aux générations suivantes.

L’observateur de plusieurs secteurs remarque, dans certains cas, que le fonctionnaire n’atteint l’âge de la retraite qu’après avoir failli quitter son poste sans qu’un remplaçant adéquat n’ait été préparé, bien que la date de son départ soit connue depuis plusieurs années. Ainsi, l’institution se retrouve soudainement confrontée à un vide d’expertise, à une perte de mémoire professionnelle et à la paralysie de certaines missions qui ne peuvent être assurées simplement par l’occupation du poste, mais qui exigent un cumul d’expérience, de connaissances et de compétences. Dès lors, la préparation au départ des cadres ne doit pas commencer le jour où ils sont mis à la retraite, ni même dans leur dernière année, mais doit faire partie d’une politique permanente de gestion des ressources humaines, fondée sur l’identification des postes sensibles, la cartographie des cadres susceptibles de partir, la sélection des successeurs potentiels, leur formation, ainsi que l’organisation du transfert de connaissances et d’expertise avant qu’il ne soit trop tard.

Son Excellence le Premier ministre, nous avons aujourd’hui besoin de visites de terrain pour surveiller l’avancement des projets, ainsi que d’évaluations institutionnelles qui révèlent également la disponibilité des ressources humaines capables d’assurer la continuité de ces projets et services publics. En effet, les bâtiments, les équipements et les programmes ne peuvent atteindre leurs objectifs seuls; ce sont les cadres qualifiés qui restent le facteur décisif d’une bonne gestion, d’une performance de qualité et de la pérennité des résultats. Il serait donc utile de réfléchir au lancement d’un programme national de continuité des compétences dans les institutions publiques, incluant un diagnostic des besoins, des plans de remplacement des postes, des programmes de transfert d’expertise et la formation de jeunes cadres capables d’assumer les responsabilités au moment opportun, le tout soumis à un suivi périodique et à une évaluation objective.

Construire un État fort ne se limite pas à réaliser les projets dans les délais, cela implique également de garantir la présence de personnes capables de le gérer, de l’entretenir et de le développer après leur achèvement. Tout comme le retard dans la mise en œuvre d’un projet de développement peut coûter à l’État des ressources et du temps précieux, la perte d’une compétence nationale sans préparer de remplaçant peut coûter à l’institution des années de retard et de reconstruction de l’expertise. C’est un appel à élargir le champ de suivi gouvernemental, pour inclure non seulement ce qui est réalisé sur le terrain, mais aussi qui le réalisera, qui le dirigera, qui portera le flambeau demain.

Tout cela pour une Mauritanie développée, avec des institutions solides, des compétences renouvelées et un développement durable qui ne s’arrête pas au départ des personnes. Que Dieu guide le Président de la République, Son Excellence le Premier ministre, le gouvernement et tous les dévoués au service de la patrie, dans ce qui est bon pour la Mauritanie et son progrès. Ahmedou Sidi Mohamed El Kessri, expert national en orientation professionnelle et ingénierie de la formation, engagé dans les affaires publiques.

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