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Après le « Minorco »… Le conflit du Sahara est-il passé de la gestion de crise à un test de mise en œuvre de l’autonomie ? Vers où se dirige la région ?

Écrit le rédacteur en chef : Mohamed Abdel Rahman El Moutabi / Le 1er novembre 2026 n’a pas été un jour ordinaire dans le cadre du « dossier du Sahara » ; c’est à ce moment que les Nations Unies ont entamé les procédures de cessation de la présence opérationnelle de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara…

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EssadaTraduit de l'arabe
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Il ressort que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a annoncé le lancement de la phase de clôture des opérations de la mission à compter du 1er novembre, suite à l’échec du Conseil de sécurité à s’accorder sur un nouveau projet de résolution concernant son avenir, après que la Russie a exercé son droit de veto sur le projet américain, le projet russe alternatif n’ayant pas obtenu les voix suffisantes. La résolution 2797… Le changement le plus notable dans le cadre de référence des négociations donne à ce développement sa portée politique grâce à la résolution 2797 des Nations unies, adoptée en octobre 2025, qui a constitué une étape importante dans le parcours du conflit, en faisant du texte marocain d’autonomie la base des pourparlers visant à parvenir à une solution politique juste, durable et acceptée par les parties. La résolution a également indiqué que l’autonomie réelle pourrait représenter l’une des solutions les plus applicables, et a appelé les parties à s’engager dans des négociations sans conditions préalables, en soulignant que l’accord final doit garantir le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Ainsi, le Maroc a réalisé un progrès diplomatique majeur en faisant passer son initiative du cadre des propositions nationales à un cadre de négociation bénéficiant d’un soutien explicite du Conseil de sécurité. Cette évolution donne à Rabat une base politique et juridique plus solide pour défendre sa conception de l’autonomie, sans pour autant signifier que le Conseil a approuvé la mise en œuvre de l’initiative ou tranché la question de la souveraineté de façon définitive. C’est là que réside l’importance du tournant du dossier: le débat international ne se limite plus aux mécanismes d’organisation d’un référendum, qui étaient bloqués depuis plus de trois décennies, mais s’oriente plus clairement vers l’examen des détails d’un règlement politique fondé sur la proposition d’autonomie, tout en maintenant le désaccord sur son contenu, ses garanties et les conditions de son acceptation.

Le Maroc a-t-il réussi à changer les règles du jeu diplomatique? Les récents développements peuvent être perçus comme un gain diplomatique pour le Maroc, qui a su, au cours des dernières années, élargir le cercle de soutien international à son initiative d’autonomie, profitant des changements de position de plusieurs puissances internationales et du processus qui a conduit à la résolution 2797. De plus, la fin du mandat de MINURSO, sans renouvellement, affaiblit le cadre onusien historiquement lié au processus référendaire et offre au Maroc l’opportunité de souligner que la prochaine phase doit se concentrer sur une solution politique négociable, plutôt que de reproduire des mécanismes qui n’ont pas permis d’aboutir à un accord.

Le Polisario… entre la perte de l’ancien cadre et le maintien du cadre onusien. Il ne fait aucun doute que la Russie, en exerçant son droit de veto contre le projet américain – qui comportait des changements fondamentaux et décisifs dans la nature du conflit – a apporté un soulagement à la faction du « Polisario », car sans ce veto russe soudain, la région se serait trouvée aujourd’hui dans une situation totalement différente tant au niveau de la vision que de l’application sur le terrain. Malgré les manœuvres rendues possibles par le veto russe, le Polisario fait face à une phase délicate, ayant perdu la possibilité de s’appuyer sur la continuité de MINURSO sous sa forme antérieure, considérée comme l’une des institutions liées à l’option référendaire.

L’Algérie a jugé le projet américain partial en faveur du Maroc, tandis que le Polisario a estimé que la formule proposée menaçait les bases du processus onusien et le droit à l’autodétermination. En revanche, Rabat a salué le non‑renouvellement du mandat de la mission, le considérant comme une étape importante dans le déroulement de la cause. Ainsi, la lecture initiale laisse entendre que les événements ne constituent pas une victoire absolue pour une partie ni une défaite définitive pour l’autre, mais reflètent plutôt le transfert du différend vers une nouvelle arène où se mêlent calculs diplomatiques, considérations de terrain et équilibres de pouvoir au sein du Conseil de sécurité.

Dans un tel contexte flou, seule la finesse diplomatique peut garantir la transformation de l’une ou l’autre des parties en un aboutissement diplomatique favorable. Cette vision semble avoir été rapidement mise en œuvre par le Maroc à travers le « décret royal » publié peu après la séance de veto russe, ce qui indique que le Maroc était informé des résultats de la séance et de l’orientation russe; le décret royal, publié avec rapidité et détermination, affirme que le moment de la rupture définitive avec MINURSO est arrivé et que la mission doit quitter immédiatement les lieux. Vers où se dirige la région?

La question la plus importante aujourd’hui porte sur la phase suivante: les Nations unies seront‑elles capables de transformer le cadre établi par la résolution 2797 en un processus de négociation concret, ou la fin de MINURSO laissera‑t‑elle un vide sur le plan terrain et politique, compliquant davantage la crise? Les indicateurs onusiens montrent que la cessation des opérations de la mission ne signifie pas le retrait des Nations unies du dossier; Guterres a confirmé la poursuite du rôle de son envoyé personnel, Stéphane de Mistral, et la volonté de l’organisation de continuer à soutenir le dialogue et à parvenir à une solution pacifique. Il a également appelé les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action susceptible d’escalader les tensions.

Ainsi, la prochaine phase semble se diriger vers trois axes parallèles: – L’axe politique: reprendre les négociations sur la base de la résolution 2797 et de la proposition d’autonomie, en recherchant une formule garantissant la participation des parties concernées. – L’axe terrain: gérer les conséquences de l’absence de la surveillance onusienne précédente, en évitant que le vide sécuritaire ne devienne une nouvelle source de tension. – L’axe diplomatique: poursuivre la concurrence entre les puissances internationales sur la nature du règlement et ses garanties, et évaluer la capacité du Conseil de sécurité à maintenir un consensus sur l’avenir du territoire.

Le plus grand gagnant… qui possède la capacité de transformer les gains en règlement? Si le Maroc a obtenu un avantage clair au niveau du cadre diplomatique, le véritable test ne résidera pas dans la fin de la mission MINURSO, mais dans sa capacité à convertir le soutien international à la proposition d’autonomie en un processus de négociation accepté et applicable. Quant aux Nations unies, elles doivent assumer la responsabilité de préserver leur rôle dans la résolution du conflit et d’empêcher que la fin d’une mission de 35 ans ne se transforme en un nouveau départ marqué par l’incertitude sur le terrain et sur le plan politique.

En résumé, le Maroc a remporté une étape importante dans la bataille des cadres diplomatiques, mais il n’a pas encore gagné la bataille de la résolution finale. La résolution 2797 a offert une base internationale plus favorable à son initiative, et la fin de MINURSO a retiré l’un des outils de gestion du conflit dans sa forme antérieure, mais le chemin vers une solution passe toujours par la négociation, l’acceptation mutuelle et les garanties politiques. Entre la fin d’une mission onusienne et le début d’une phase de négociation aux contours encore indéfinis, la question demeure: la diplomatie réussira‑t‑elle à transformer ce tournant onusien en un accord historique, ou la région entrera‑t‑elle dans une nouvelle phase de conflit où les moyens changent mais les enjeux fondamentaux restent les mêmes?

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