Le programme d'urgence de la ville de Nouakchott : des dépenses publiques au multiplicateur économique
La visite effectuée par Son Excellence le président de la République, dans les trois wilayas de Nouakchott, constitue une occasion de faire le point sur l’ampleur des investissements publics destinés au développement de la capitale, et d’en analyser les dimensions économiques et sociales ; pas seulement en termes de…

Selon les dernières informations, les allocations de la première phase du programme d’urgence s’élèvent à 69 milliards d’ouguiya ancien, tandis que la deuxième phase a reçu 115 milliards d’ouguiya ancien, portant le total des deux phases à 184 milliards d’ouguiya ancien. Les allocations de la deuxième phase représentent une hausse de 66,7 % par rapport à la première, avec une durée d’exécution prévue de 16 mois pour chaque phase. Au niveau de l’avancement, la première phase a permis la construction de 1 335 salles de classe et de 18 centres de santé sur les 28 prévus, ainsi que l’achèvement des projets de voirie urbaine, d’alimentation en eau et de remblaiement des étangs asséchés.
Le taux d’achèvement des projets d’électricité et d’éclairage s’établit à 92,9 %, tandis que celui des projets de drainage des eaux pluviales atteint 70 %. La deuxième phase comprend un lot supplémentaire de projets: construction de 510 salles de classe, création de 41 postes de transformation électrique, extension de 187 km de réseaux d’éclairage public, réalisation de cinq ponts, ainsi que l’agrandissement des réseaux d’eau et d’assainissement et le renforcement des infrastructures sanitaires et sportives. Dans une perspective macroéconomique, ce programme peut être lu à la lumière d’une idée centrale de la théorie keynésienne, à savoir le rôle de la dépense publique dans la stimulation de la demande globale et l’activation du cycle économique.
L’investissement dans les infrastructures ne se limite pas à la création de routes, d’écoles et d’équipements; il peut également dynamiser les secteurs du bâtiment, des transports et des services, stimuler l’activité des entreprises, créer des emplois et générer des effets multiplicateurs sur l’économie. Cependant, cet effet multiplicateur ne résulte pas automatiquement de l’injection de crédits financiers; il dépend de plusieurs conditions, parmi lesquelles la part du contenu local dans la réalisation des projets, la contribution des entreprises nationales, le nombre d’emplois créés, la valeur ajoutée générée dans l’économie nationale, ainsi que la qualité des ouvrages réalisés et leur capacité à garantir la pérennité des services fournis. Par conséquent, l’évaluation économique réelle de ces investissements ne doit pas se cantonner au montant des dépenses ou au nombre d’infrastructures achevées et aux taux d’avancement des travaux, mais doit s’étendre à la mesure de leur impact réel sur la productivité, l’amélioration des services de base, la dynamisation des entreprises nationales, la création d’emplois et l’élévation du niveau de vie de la population.
La leçon de l’investissement public ne réside pas seulement dans le volume des dépenses de l’État, mais dans la valeur ajoutée, les emplois, l’amélioration des services et l’impact de développement durable qui en découlent.