Secrétaire général de la Confédération des travailleurs mauritanienne écrit : une marge sur le volet social du programme du gouvernement.
Nous avons suivi ce qui a été présenté dans le volet social du programme du gouvernement de Son Excellence le Premier ministre Moctar Ould Diay, qui, bien qu’il semble répondre à certaines exigences sociales pressantes, n’atteint pas le niveau des défis économiques et sociaux…
D'après les sources officielles, on rappelle ici l’injustice manifeste pratiquée par le ministère de la Fonction publique et du Travail à l’égard de la Confédération nationale des travailleurs mauritaniens (CNTM), qui l’exclut du dialogue avec le secteur privé, y compris la révision de la convention collective, alors que la confédération représente à l’échelle nationale les deux secteurs selon le texte du mandat des centrales syndicales les plus représentatives. 5. **Prise en charge partielle des factures d’eau et d’électricité**: la prise en charge temporaire d’une part importante des factures d’eau et d’électricité des ménages à faibles revenus ne constitue pas une solution durable, mais une aide circonstancielle qui ne traite pas les causes qui rendent ces services lourds pour les foyers.
Il aurait fallu instaurer un tarif social permanent, fondé sur des critères clairs de revenu et de consommation, garantissant aux catégories à faibles revenus l’accès à ces services essentiels à des prix compatibles avec leurs moyens financiers. En outre, les coupures d’électricité se répètent aujourd’hui plusieurs fois par jour, avec des interruptions pouvant durer plusieurs heures. 6.
**Élargissement du cercle des bénéficiaires du soutien social**: élargir le cercle des bénéficiaires du soutien destiné aux personnes handicapées et aux malades chroniques est positif en principe, mais reste insuffisant s’il n’est pas accompagné d’une augmentation du montant du soutien, d’une garantie de régularité des versements et d’une extension de la protection sociale à toutes les catégories vulnérables qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour vivre décemment. 7. **Gel des prix des fourrages et forage de puits pastoraux**: figer les prix des fourrages et les vendre à prix coûtant lorsque cela est justifié, ainsi que le forage de puits pastoraux, sont des mesures importantes en principe, mais restent dépendantes de la disponibilité des quantités, de l’équité de leur distribution, de la transparence des achats, du stockage et de la commercialisation.
De plus, les projets de forage doivent s’inscrire dans une politique durable de soutien au cheptel et au développement pastoral, et non comme de simples interventions saisonnières. L’examen attentif de ces mesures révèle trois problèmes majeurs: - **Absence d’engagements précis**: aucune proportion annoncée d’augmentations de salaires ou de pensions, aucun délai clair de mise en œuvre, aucune obligation financière définie pouvant être tenue responsable. - **Prépondérance des mesures circonstancielles sur les réformes structurelles**: la plupart des actions traitent les effets de la crise plutôt que les déséquilibres chroniques qui rendent le pouvoir d’achat des citoyens vulnérable à chaque hausse des prix.
- **Manque de vision sociale intégrée**: aucune articulation claire entre l’évolution des salaires/pensions et l’évolution du coût de la vie, aucune politique durable d’élargissement de la protection sociale et d’amélioration de la répartition des revenus. Protéger le pouvoir d’achat n’est pas seulement plafonner certains prix, offrir des aides temporaires ou appeler à des négociations salariales; c’est une responsabilité sociale et économique qui exige des politiques claires, des engagements mesurables, des mécanismes d’exécution, de contrôle et de reddition de comptes. Le citoyen n’a pas besoin d’une nouvelle liste de promesses et de mesures potentielles, mais d’une amélioration réelle et tangible de son revenu et de son niveau de vie.
Les travailleurs n’attendent pas seulement que le gouvernement les invite à négocier, ils attendent une volonté politique sérieuse garantissant des salaires justes qui préservent leur dignité et suivent le coût de la vie. Ainsi, la crédibilité du programme gouvernemental ne doit pas être évaluée au nombre de mesures qu’il comporte, mais aux résultats concrets qu’il produira dans la vie des citoyens, ainsi qu’à la capacité du gouvernement à transformer ses annonces en engagements précis, financés et encadrés par des échéances claires. Nous avons déjà rappelé au Premier ministre, lors d’entretiens antérieurs, la nécessité de réviser les structures administratives des ministères et des institutions de l’État afin d’optimiser les dépenses et de lutter contre la corruption, ce qui aurait inévitablement un effet positif sur le budget et le rendrait capable de supporter les charges de projets de développement prometteurs.
Cependant, la volonté de réformer, capable de prendre de telles décisions, demeure encore absente.