Politique·

Et si la citoyenneté numérique redéfinissait les notions de territoire et d’État ?

Les réseaux sociaux sont devenus un espace de citoyenneté. Cette citoyenneté nouvelle qui bouscule celle classique est unique en son genre. Ici, point de territoire circonscrit, point de...

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Il ressort que les exemples ne manquent pas: les nouveaux intellectuels du panafricanisme dans l'espace AES et leurs répondants à travers le Monde, etc. Idem du côté de l'Occident, où la guerre Russie-Ukraine a été déterminante. Chez nous encore, la lutte contre l'esclavage par ascendance est présente, surtout en milieu Soninké.

Un champ de bataille Les réseaux sociaux sont devenus un champ de bataille et de confrontation. Cela a occasionné une nouvelle configuration des paradigmes. De nouvelles amitiés ont été établies, mais également de nouveaux antagonismes.

Désormais, les likes sont révélateurs des prises de position. On ne cherche plus la vérité, la cohérence et la force de l'argument ou encore sa pertinence. Ce qui est jugé, ce qui compte, c'est l'identité de celui qui a écrit ou partage.

La contradiction et les critiques constructives, qui sont les marqueurs des échanges intellectuels ou académiques, sont utilisées pour humilier ou ridiculiser. Elles sont souvent convoquées de manière malhonnête et impertinente pour se faire remarquer, passer pour un génie. Impressionner, peut-être… Une telle démarche se caractérise par la recherche effrénée du sensationnel et de l'irrationnel.

Elle a parfois altéré la pertinence de débats aux thématiques pourtant intéressantes sur la Toile. Cette dernière est transformée en un champ de tirs et de règlements de compte. Certains trouvent l'occasion de s'acharner contre des personnes à qui ils ne peuvent jamais oser s'attaquer dans la réalité.

Dans ce contexte, la neutralité et l'objectivité intellectuelles sont devenues rares. Chaque post est scruté, chaque like est analysé pour classer l'auteur dans un compartiment. Le silence est également questionné.

La réaction tardive aussi, surtout pour les intellectuels classiques et, maintenant, les nouveaux « intellectuels des réseaux sociaux » qui sont beaucoup plus bavards et présents. Quelle place et quelle posture pour les intellectuels, face aux bouleversements de notre époque: doivent-ils être dans la complaisance, la complicité, la modération ou, au contraire, dans l’éveil des consciences? Les intellectuels, eux, sont tenus de ne pas céder aux pressions extérieures, au petit calcul et autres intérêts.

Leur posture doit être celle du médecin qui soigne avant tout le mal. Les éléments identitaires du patient importent peu. Cela devrait être l'attitude irréprochable d'un intellectuel: s'affranchir des pesanteurs.

Seyré Sidibe

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