En saison d’Asila… Ould Boubkhar signe son livre «Le temps du passage paisible».
Le premier ministre mauritanien sortant, Sidi Mohamed Ould Boubker, a signé ce samedi, en marge du Festival culturel international d’Osila, son livre « Le temps de la traversée paisible », qui revient sur la période de transition démocratique que la Mauritanie a connue…

D'après les sources officielles, dans une interview exclusive accordée à « Sahara Media », Mohamed Ould Boubker explique que son livre est une tentative de proposer une lecture « aussi objective que possible » d’une période qui n’a pas été suffisamment documentée et qui, selon lui, a suscité une certaine confusion. Il précise que son objectif dépasse la simple remise en mémoire de l’expérience: il veut contribuer à un débat plus large sur la démocratie dans le monde arabe et islamique. Les réformes évoquées dans le livre se rattachent à la période qui a suivi le changement politique de 2005, lorsque le gouvernement civil a conduit une phase de transition aboutissant à l’organisation d’élections présidentielles, législatives et locales, et au rétablissement du cadre constitutionnel.
Mohamed Ould Boubker a été l’une des figures les plus en vue de cette époque, puisqu’il a présidé le gouvernement de transition après une carrière comprenant plusieurs postes, dont celui de ministre des Finances, et il avait déjà occupé la fonction de premier ministre au début de la phase démocratique en 1992. L’ouvrage passe en revue un certain nombre de réformes politiques, économiques et administratives mises en œuvre à cette période: réformes liées aux droits de l’homme, à la presse, aux médias et à la santé, ainsi que la gestion financière et économique, les relations avec les bailleurs de fonds et les institutions monétaires internationales, la réforme de l’administration territoriale, les marchés publics, la gestion budgétaire, la rationalisation de la gouvernance et l’instauration de principes de transparence. Dans son entretien avec « Sahara Media », l’écrivain marocain Abd‑El‑Ilah Attahani décrit l’expérience comme remarquable, au vu d’un gouvernement civil installé pendant une transition qui a laissé de larges marges de manœuvre pour travailler et mettre en place plusieurs projets de réforme.
Attahani souligne que le livre s’attarde, parfois de façon détaillée, parfois de façon résumée, sur les mesures prises durant cette période, les lois, décrets et cadres institutionnels qui en ont découlé, avant que le pays ne passe à une nouvelle phase électorale. Il ne s’agit pas d’un « mémoire » au sens traditionnel, mais d’une « histoire » que Mohamed Ould Boubker a intitulée « Temps de la transition paisible ». Selon Attahani, l’auteur a choisi de le présenter comme une « histoire » destinée à la postérité, aux observateurs et aux citoyens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Mauritanie.
Ce choix confère à l’ouvrage une dimension qui dépasse la simple biographie pour offrir une lecture interne d’une expérience politique et institutionnelle, et pour restituer les détails d’une transition qui reste d’actualité dans le débat sur le chemin de la démocratie mauritanienne. Dans l’introduction, le livre pose plusieurs questions sur la nature et les limites de cette expérience, notamment la légitimité des réformes en l’absence de mandat électoral, la capacité d’une autorité temporaire à poser des bases réformatrices qui perdurent après la fin de la transition, ainsi que la question de ce qui subsiste de l’esprit de la transition une fois qu’elle est intégrée à l’histoire. Attahani mentionne également qu’une édition française du livre est disponible.