Société·

Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, un leader de la taille d’une nation et un héritier qui dépasse les frontières / Ismail Al‑Rabbani

L'Agence du Pacte National de l'Information : chaque 2 novembre, la mémoire arabe et islamique se souvient de l'un de ses plus grands hommes de l'époque moderne, le défunt, si Dieu le veut, Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan, fondateur de l'État ...

AW
Al WiamTraduit de l'arabe
Lire sur Al Wiam
Photo Al Wiam

Selon les dernières informations, agence du Pacte National de l’Information: chaque 2 novembre, la mémoire arabe et islamique se souvient de l’un des plus grands hommes de son époque moderne, le défunt, par la grâce de Dieu, cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan, fondateur des Émirats arabes unis et bâtisseur de leur modernité, qui nous a quittés en ce jour de l’an 2004, mais qui a laissé un héritage politique, humain et de développement toujours présent dans la conscience des peuples, témoignant de la grandeur d’hommes dont la valeur ne se mesure pas à l’autorité ou à la richesse possédées, mais à ce qu’ils ont accompli pour leurs peuples, à ce qu’ils ont offert à leur nation et à l’humanité tout entière. Rappeler la date de décès du cheikh Zayed n’est pas simplement ressusciter la biographie d’un dirigeant arabe disparu, c’est se placer devant une expérience exceptionnelle de leadership et de construction, un modèle rare d’homme qui a su transformer le rêve en réalité, l’ambition en projet historique, et faire de la sagesse, de la tolérance, de la solidarité et de l’action humanitaire des piliers stables du parcours d’un État devenu aujourd’hui l’une des expériences de développement les plus remarquables de la région et du monde. Le plus grand accomplissement historique associé au nom du cheikh Zayed est sans doute son succès dans l’unification des sept Émirats et la création d’un État fédéral le 2 décembre 1971, dans une région confrontée à des défis politiques, économiques et sécuritaires complexes, à un moment régional et international qui ne laissait guère de place à un pari sur la réussite d’une expérience d’union d’une telle ampleur.

Le cheikh Zayed, grâce à sa clairvoyance et à sa sagesse politique, a compris que l’avenir des Émirats ne pouvait se bâtir sur la fragmentation de leurs entités, que la puissance de chaque Émirat resterait limitée s’il ne s’intégrait pas à la force de ses frères dans le cadre d’un État uni, fondé sur la solidarité, la complémentarité des intérêts et l’unité de la volonté. Pour lui, l’unité n’était pas seulement un accord politique ou une formule administrative de répartition des compétences, mais un projet civilisé complet, destiné à faire passer son peuple d’une réalité de dispersion et de ressources limitées à l’espace d’un État moderne, offrant sécurité, stabilité, capacité de planification, investissement et développement durable. Ainsi, il a offert l’une des expériences d’union les plus réussies de l’histoire arabe contemporaine, prouvant que la volonté politique sincère, lorsqu’elle s’allie à la sagesse, à l’humilité et à la concession mutuelle pour l’intérêt supérieur, peut transformer la pluralité en source de force et la différence en base d’intégration.

Sa vision d’union ne s’est pas arrêtée aux frontières des Émirats, elle s’est étendue au Golfe arabe, où il fut l’un des plus fervents soutiens de la création du Conseil de coopération du Golfe en 1981, convaincu que la solidarité régionale était indispensable pour protéger les acquis, renforcer la stabilité et affronter les défis communs. Le cheikh Zayed faisait partie des dirigeants qui croyaient que l’appartenance d’un État à son environnement arabe et islamique n’était pas seulement un lien géographique ou culturel, mais une responsabilité politique et morale imposant de se tenir aux côtés des frères en temps de difficulté, de soutenir leurs causes justes et d’utiliser les moyens disponibles au service d’intérêts communs. À partir de ce principe, il a toujours veillé à renforcer la coopération arabe, à consolider les institutions de solidarité arabe, à dépasser les différends internes, à placer le dialogue et la compréhension au‑dessus des conflits et des tensions.

La cause palestinienne a occupé une place centrale dans sa conscience et ses positions politiques et humanitaires. Son soutien au peuple palestinien n’était pas un simple discours de solidarité ou une posture diplomatique, mais se traduisait par une assistance politique, financière et humanitaire continue, par le soutien à la résilience des Palestiniens et à leur capacité à faire face aux conséquences de l’occupation et des agressions israéliennes. Sa célèbre phrase « Le pétrole arabe ne vaut pas plus que le sang arabe », prononcée pendant la guerre d’octobre 1973, exprime avec éloquence la nature de sa vision de la solidarité arabe et sa disposition à mobiliser les ressources économiques au service des enjeux existentiels de la nation.

Il a également été présent lors d’étapes humaines douloureuses de l’histoire du peuple palestinien, notamment par sa contribution à la reconstruction de centaines de maisons détruites par l’agression israélienne dans le camp de Jénine en 2002, un geste mêlant soutien politique et devoir humanitaire. Il n’est donc pas surprenant que les Palestiniens gardent un souvenir particulier du cheikh Zayed dans leur mémoire nationale, le considérant comme un leader arabe qui a fait de la défense de leur cause un engagement constant dans sa politique et ses actions. Parmi les traits distinctifs de l’expérience du cheikh Zayed, sa générosité ne s’est pas limitée à son environnement du Golfe ou du monde arabe, elle s’est étendue à l’ensemble des peuples musulmans et des pays en développement, son nom étant associé à des projets d’hôpitaux, d’écoles, de routes, de logements, de forages de puits, d’aides humanitaires, de secours aux sinistrés et de soutien aux groupes vulnérables.

Il estimait que la vraie richesse ne résidait pas dans les réserves de pétrole et de ressources souterraines, mais dans la dignité, la sécurité, l’éducation, la santé et les opportunités de vie décente que l’homme pouvait créer. De ce fait, l’aide émiratie sous son mandat s’est transformée en un message humanitaire dépassant les calculs politiques étroits, reflétant sa conviction que chaque être humain mérite du soutien où qu’il se trouve, et que soulager la souffrance humaine est une responsabilité morale sans frontières ni distinction entre les peuples. Ses « mains blanches » se sont étendues aux pays arabes, islamiques, africains et asiatiques, ses initiatives ont permis la mise en place de projets de développement et sociaux laissant des traces tangibles dans la vie de millions de personnes.

Tout cela s’inscrivait dans sa philosophie de gouvernance, qui plaçait le développement et le service à l’homme au sommet des priorités, considérant que la valeur d’un État se mesure à ce qu’il offre à ses citoyens et à ce qu’il apporte aux autres en termes de bien et d’utilité. Le peuple mauritanien fait partie des nations arabes qui gardent un bon souvenir du cheikh Zayed, non seulement pour son affection sincère envers la Mauritanie et son peuple, mais aussi pour le modèle de fraternité arabe que leurs relations ont incarné, fondé sur le respect, la solidarité et la coopération. Les relations mauritaniennes‑émiraties se sont renforcées dès le début des années 1970 et, en 1973, le cheikh Zayed a rencontré le ministre mauritanien des Affaires étrangères de l’époque, Hamdi Ould Meknès, avant que les relations ne soient couronnées par la visite du président El Moctar Ould Daddah aux Émirats le 28 avril 1974, puis par la visite historique du cheikh Zayed en Mauritanie le 13 août de la même année, qui a duré trois jours.

Cette visite a constitué une étape fondatrice du parcours bilatéral, a consolidé les ponts de communication entre les deux pays et a ouvert des perspectives plus larges de coopération dans divers domaines. La Mauritanie, par sa profondeur arabe, africaine et islamique, était présente dans la vision du cheikh Zayed de la solidarité entre frères, et les relations entre les deux États ont continué à se développer sur la base de l’amitié et du respect mutuel, ainsi que de l’appréciation du cheikh pour les peuples arabes et islamiques et de son souci de les soutenir. Il n’est pas exagéré de dire que la commémoration du cheikh Zayed occupe une place émotionnelle particulière chez les Mauritaniens, qui invoquent avec respect les positions fraternelles, les initiatives caritatives et les aides au développement et humanitaires qui portent son nom, ainsi que les traditions solides qu’il a instaurées dans les relations mauritaniennes‑émiraties.

Il convient d’apprécier l’impact positif que le cheikh Zayed a laissé en Mauritanie comme une des maillons de la solidarité arabe à laquelle il croyait et qu’il a pratiquée, la considérant comme un devoir envers les frères, et non comme une faveur ou un privilège. Ce qui caractérise les grands dirigeants, c’est qu’ils ne quittent pas la vie avec la mort de leur corps seulement, mais restent présents à travers les États qu’ils ont fondés, les valeurs qu’ils ont ancrées, les projets qu’ils ont laissés et l’amour et la fidélité qu’ils ont semés dans le cœur des peuples. C’est exactement le cas du cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan, qui est décédé il y a plus de deux décennies, mais dont le nom demeure vivant dans la conscience émiratie, arabe et islamique, et dont l’expérience témoigne que le vrai leadership n’est pas un privilège de pouvoir, mais une responsabilité historique et morale envers l’homme, la patrie et la nation.

Il a réuni la sagesse d’un homme d’État, la clairvoyance du fondateur, la générosité du bienfaiteur et l’humanité du cœur grand. Il a su allier la construction d’un État fort et prospère à l’accomplissement de ses engagements arabes, islamiques et humanitaires, sans sacrifier l’un au profit de l’autre. En ce jour d’anniversaire de son départ, son âme pure mérite des prières de miséricorde et de pardon, et son parcours doit rester sujet d’étude, de réflexion et d’inspiration, surtout pour les nouvelles générations arabes qui ont besoin de modèles de leadership prônant l’unité, la solidarité et plaçant le développement et le service à l’homme comme finalité suprême.

— Ismail Ould Rabbani, directeur‑éditeur, Agence du Pacte National de l’Information.

PartagerWhatsAppFacebookX
Sur le même sujet