À l'occasion de la Journée internationale pour mettre fin à l'impunité, la « Syndicat des journalistes » appelle à renforcer la protection des journalistes.
(Le Sada – Nouakchott) – À l’occasion de la Journée internationale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre, le syndicat des journalistes mauritaniens a renouvelé son appel à renforcer les garanties juridiques et professionnelles pour protéger…

Il ressort que le syndicat a indiqué, dans un communiqué publié à cette occasion, qu’il a reçu de #Al‑Sada des informations concernant des cas de saisie de matériel journalistique et de convocation de certains journalistes à la suite de contenus publiés, ainsi que des difficultés rencontrées par les médias indépendants pour accéder à certaines activités officielles. Il a demandé le respect des droits des journalistes, l’égalité des chances de couverture, la facilitation de l’accès à l’information, et l’ouverture d’un dialogue pour traiter les déséquilibres qui affectent le secteur. Texte du communiqué: « Bismillâh ar‑Rahmân ar‑Rahîm Syndicat des journalistes mauritaniens – communiqué à l’occasion de la Journée internationale pour la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre Le syndicat des journalistes mauritaniens rend hommage aux journalistes qui ont perdu la vie ou ont été victimes d’agressions du fait de l’exercice de leur profession, partout dans le monde, et exprime sa solidarité avec les familles des victimes, leurs collègues et tous les acteurs des médias qui font face à des risques et à des défis pour transmettre la vérité et garantir le droit des sociétés à l’accès à l’information.
Il rappelle que la commémoration de cette journée ne doit pas se limiter à la mémoire des victimes, mais doit constituer un moment de renouveau de l’engagement à protéger les journalistes partout dans le monde, à lutter contre l’impunité et à renforcer les garanties juridiques et professionnelles qui leur permettent d’accomplir leur mission en toute liberté, indépendance et sécurité. Dans notre pays, où le paysage médiatique a connu, ces dernières années, une diversification des institutions et des plateformes, la pratique journalistique continue de faire face à une série de défis qui exigent une réponse rapide et sérieuse. Parmi ceux‑ci figurent la dilution de la profession, la garantie de la sécurité des journalistes lors des couvertures de terrain, l’égalité des chances entre les médias publics et privés pour couvrir certaines activités officielles, et le respect de l’indépendance du travail journalistique.
Le syndicat a constaté, au cours de la période récente, des cas de saisie de matériel et d’outils de travail de certains journalistes lors de couvertures de terrain. De telles pratiques doivent être rejetées et traitées juridiquement afin d’assurer la protection des journalistes, le respect de leur dignité et de leurs droits professionnels. Il note également la persistance de difficultés rencontrées par les médias indépendants pour couvrir certaines activités officielles, ce qui soulève des questions sur les critères d’accès à la couverture et sur le respect du principe d’égalité entre les médias indépendants et les médias officiels dans la couverture des grands événements du pays.
Le syndicat insiste sur la nécessité d’établir des procédures claires et transparentes garantissant l’absence de discrimination entre eux. Le syndicat déplore, avec regret, la convocation de certains journalistes aux postes de police pour être interrogés sur des contenus journalistiques publiés, parfois en dehors des heures de travail. Cela nécessite la clarification du cadre juridique et des procédures encadrant ces convocations, ainsi que le respect des droits des journalistes, afin que les enquêtes ne deviennent pas un moyen de restreindre la liberté de travail journalistique, d’influencer les sources d’information ou de ternir l’image des libertés dans le pays.
Le syndicat souligne que la mise en cause des journalistes, le cas échéant, doit se faire dans le cadre de la loi, en respectant les garanties liées à la liberté d’expression et au travail médiatique, en distinguant la pratique journalistique professionnelle des actes pouvant constituer des infractions légales. Le pouvoir judiciaire compétent doit rester la référence pour le règlement des litiges, tout en veillant à accélérer les procédures judiciaires et à protéger les droits des journalistes dans les cas qui nécessitent un suivi. Sur la base de sa responsabilité syndicale et professionnelle, le syndicat des journalistes mauritaniens appelle les autorités publiques et les parties concernées à: 1.
Protéger les journalistes et leur matériel lors des couvertures de terrain, en établissant des dispositions claires garantissant la sécurité des médias et empêchant les agressions ou la saisie de leurs outils, avec restitution de tout matériel saisi sans base légale. 2. Garantir l’égalité des chances de couverture médiatique, en adoptant des critères professionnels transparents permettant aux médias indépendants sérieux d’accéder aux grandes activités officielles du pays et de les couvrir.
3. Respecter les garanties juridiques lors de la convocation des journalistes, en précisant les bases légales des convocations liées à des contenus publiés, en tenant compte de la nature du travail journalistique et de ses horaires, et en veillant à ce que les mesures de sécurité ne soient pas utilisées comme moyen de pression, d’intimidation ou de restriction de la liberté d’expression. 4.
Renforcer les garanties juridiques de la liberté de la presse, en poursuivant le développement du cadre législatif et réglementaire assurant l’indépendance des institutions médiatiques, protégeant les journalistes contre les agressions et les pressions, et garantissant le respect de leur droit d’exercer leur profession. 5. Faciliter l’accès à l’information, en activant les garanties juridiques et institutionnelles qui permettent aux journalistes d’obtenir les informations et données officielles, condition indispensable à une presse professionnelle et indépendante, et à la garantie du droit des citoyens à la connaissance.
6. Promouvoir le dialogue et la concertation avec le syndicat des journalistes mauritaniens et les représentants des médias sérieux du pays, afin de lutter contre la dilution de la profession, de mettre en place des mesures améliorant le climat de travail journalistique et de corriger les déséquilibres qui entravent la pratique de la profession. Le syndicat précise que la protection des journalistes ne signifie pas leur accorder une immunité totale, mais garantir qu’ils ne soient pas victimes d’agressions ou de pressions du fait de l’accomplissement de leurs devoirs professionnels, et leur permettre d’exercer leurs droits et responsabilités dans un environnement qui respecte la loi, la liberté d’expression et le pluralisme médiatique.
Il réaffirme son engagement constant au principe de consultation et de coordination avec les autorités publiques pour résoudre les problèmes et les abus auxquels les journalistes sont confrontés, afin de préserver l’image du pays, de protéger les acquis, tout en assurant un suivi rigoureux des violations touchant les journalistes, la défense de leurs droits et de leur dignité, et la coopération avec les instances nationales et internationales chargées de la liberté de la presse et de la sécurité des médias, dans le but de consolider un environnement médiatique indépendant, sûr et responsable. Mettre fin à l’impunité n’est pas seulement une revendication des journalistes, c’est une garantie du droit de la société à la connaissance, une protection de la liberté d’expression et le renforcement de la primauté du droit. Nouakchott, 2 novembre 2026 »