Politique monétaire en Mauritanie : le débat mérite des chiffres, des arguments et une connaissance des réalités du pays
J’ai lu récemment un article signé par un expert en économie, établi en Belgique, qui critique la décision de la Banque centrale de Mauritanie (BCM) relative au resserrement de la politique monétaire....

Il ressort que j’ai lu récemment un article signé par un expert en économie, établi en Belgique, qui critique la décision de la Banque centrale de Mauritanie (BCM) relative au resserrement de la politique monétaire. L’analyse soulève des questions intéressantes quant à l’efficacité du resserrement monétaire dans le contexte inflationniste actuel. Toutefois, elle aurait gagné en pertinence si elle avait été davantage étayée par des données relatives à la situation monétaire et financière de la Mauritanie.
En effet, l’auteur estime que l’inflation ne serait pas liée à une abondance de liquidités. Mais cette affirmation n’est accompagnée d’aucune donnée sur la liquidité bancaire, la base monétaire, les dépôts ou, plus généralement, les différents agrégats monétaires. Il en va de même pour les autres facteurs avancés pour expliquer l’inflation et pour les solutions proposées.
L’analyse reste ainsi essentiellement théorique et aurait mérité d’être davantage approfondie à la lumière des données et des spécificités de l’économie mauritanienne. Je tiens à préciser que je n’ai aucune raison de défendre la Banque centrale de Mauritanie ni de cautionner sa politique monétaire. D’ailleurs, pour des raisons personnelles, notamment de santé, mais aussi par lassitude et face à l’indifférence, à l’ingratitude de certaines institutions mauritaniennes, je ne dispose plus du temps ni de l’énergie nécessaires pour consacrer autant d’efforts à ces débats, encore moins pour jouer systématiquement l’avocat du diable.
Cependant, je souhaiterais que l’on témoigne d’un peu plus de considération envers les Mauritaniens. Lorsqu’un expert en économie prend la plume pour contester une politique monétaire, agricole ou économique, quelle qu’elle soit, il est souhaitable que sa contribution repose sur des données chiffrées, des faits vérifiables et une argumentation rigoureuse. Les analyses économiques gagnent en crédibilité lorsqu’elles dépassent les considérations générales et les rappels théoriques pour s’appuyer sur une connaissance concrète des réalités du pays étudié.
La critique est légitime et même nécessaire. Mais elle n’a de véritable valeur que lorsqu’elle s’accompagne de rigueur, de données précises et d’une bonne compréhension des réalités économiques mauritaniennes. C’est aussi une marque de respect envers les Mauritaniens.…Mohamed ould Mihamed El HacenPresident- fondateur de l’Institut2 IRES3 Novembre 2026